« Il regarde des films X, c’est normal? »

Pour les cadres, les fonctionnaires, pour les chomeurs, pour les glandeurs de tous poils, pour les abonnés à yahoo mail, pour les ados prépubères à la pointe et pour les quinqua dépassés :  sur le net, UNE page ne laisse pas indifférent. On l’aime ou on la déteste, d’ailleurs, hein, on est en démocratie sarkozyste après tout, alors c’est pas demain que vous serez privés d’infos inutiles et de sondages à la con.

Yahoo actualités. (edit : rassurez vous, je vais bel et bien parler de porno, et le titre de cet article ne constitue pas une sournoise machination pour vous faire lire une analyse de la page d’accueil de yahoo. Enfin si, un peu, mais pas que)

Pourquoi les gens lisent-ils ces buzz vieux de 3 jours ou ces infos nulles?

En vrai, tout le secret des articles Yahoo actualités réside dans la police en gras. Exemple :

« Les pires exucses pour ne pas aller bosser (ca a l’air chiant nan?)Un poulet a attaqué ma mère » (aaah, ben merci, un peu de sensationnel dans ce monde de comptables)

« Policiers ou casseurs? (Un article vieux de 3 jours, typiquement) Il sort son couteau à cran et crève l’oeil d’un manifestant (aaaah, ça faisait longtemps que j’avais pas vomi mon café sur mon clavier moi)

« Cet article est super long et super chiant » – Mais si tu cliques, j’te taille une pipe
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“Ouh la, t’as les yeux rouges!”

Après notre étude sémiologique sur les journées de David Guetta, voici le deuxième billet de la série:

Un problème de fond: un détail à la con.

« Solitude, peur, ego et société:

comment se faire bâcher en une seule  phrase. »

Dans un passé proche et néanmoins désuet, une mission drague se déroulait ainsi: un jeune damoiseau demande la permission au père d’une jouvencelle d’avoir l’obligeance de lui accorder l’honneur d’adresser la parole à l’élue de son coeur, à qui il n’a jamais parlé mais qu’il compte bien épouser.

Ma grand-mère par exemple, alors qu’elle n’était qu’une jeune innocente vierge de 19 ans, s’est faite plaquée sans plus de préambule par un inconnu derrière une porte, et il lui a fait… le baise-main! Puis l’a demandée en mariage. (Elle a dit non tout de même, on est pas si facile dans la famille, nonmého!)
Ah 1940, la belle époque que ce devait être! Il suffisait d’être bon-parti, de tomber au bon moment, et hop emballé c’était pesé. Pas besoin d’être original, spirituel, parfumé, de poser des questions pendant 3 heures  et de payer des mojitos.

Bob Sinclar: + 1 / David Guetta: 0

Et puis, avec la libération de la femme, l’évolution des moeurs, mai 68, l’individualisme galopant, la désertion des campagnes et la mauvaise image de la consanguinité, on s’est mis à choisir ses partenaires librement. Il a donc fallu apprendre à draguer, souvent, et à aborder les inconnu(e)s.

Aujourd’hui aussi certaines histoires démarrent brute de pomme sans préambule verbal. Un de mes amis témoigne: “Je matais un type sur le trottoir d’en face, il m’a regardé, on s’est fait un signe de tête, et puis voilà”. 15 secondes après et sans un mot échangé, bim, ils baisaient sous une porte-cochère. Eéééh ouais.
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“Si la vie consistait à ne faire que des trucs sympa, on serait tous David Guetta”

J’imagine que si nous, pauvres citoyens de base en proie à un quotidien médiocre, avons cette image de M. Guetta, c’est en partie grâce à des déclarations en or comme celles-ci:

« En général, je me lève vers midi et je commence ma journée par un vol en avion. J’arrive dans un pays, je donne des interviews à des médias locaux et, le soir, je mixe dans un club. Ce sont trois ou quatre heures très intenses, alors, pour m’endormir, je fais de la musique jusqu’à 5-6 heures du matin … Je travaille sept jours sur sept .”

Vous, les pauvres ploucs qui vous levez en général vers sept heures, commencez votre journée par deux changements de RER dont un à Chatelet-les Halles-succursale-de-l’Enfer, arrivez dans une ville de banlieue avec un nom tristement exotique (Pontault-Combault?!), le soir, mixez du jambon dans de la purée surgelée (ce sont 3-4 minutes très intenses) et, pour vous endormir, écoutez la Star-Ac jusqu’à 22h05/22h06, et travaillez cinq jours sur sept (+ Auchan et Belle-Maman le week-end)… vous vous dites forcément que plus de “trucs sympa” à la David Guetta, bah, ce serait sympa. Et que “ne faire que des trucs sympa”, ah bah, ouais, ok, super, je signe où?

Mais non, chers amis ploucs, désolée, ce n’est pas si simple!

Si la vie était un truc sympa, ça ressemblerait à quoi? Définissons.

– Ce que dit le dictionnaire:

“Truc” : façon familière de définir “Ce qu’on ne veut ou ne peut nommer”.
D’où, en vieil argot, le “truc” = la Prostitution.
Mais aussi, (attention: Moment “Nous pourrions nous coucher moins cons, mais notre cerveau retiendra-t-il vraiment une information si inutile?”) le “truc” désigne « le bruit fait avec les lèvres pour encourager les chevaux »

(ceux qui ont lu récemment l’excellent manuel d’art équestre  L’Escuirie du S. Frederic Grison le savaient déjà. Pour les autres, bon, l’ouvrage est indisponible jusqu’à nouvel ordre en vieux françois, malheureusement. Mais ceux qui maîtrisent correctement l’italien de Lombardie de la fin XVIème… ah non, c’est indisponible aussi)

Et “sympa”? Lire la suite « “Si la vie consistait à ne faire que des trucs sympa, on serait tous David Guetta” »

« Ces princesses, aussi nobles que divines, pourtant anéanties par le destin…. »

L’une des mes activités consiste à lire des manuscrits rédigés par des apprentis écrivains qui fantasment sur la célébrité de leur frange grasse/lunettes sales au prochain Salon du Livre, qui rêvent de boire du champagne lors d’une tournée dédicace dans les Centres Leclercs de Province en pelotant leur attachée de presse.

NB : les apprentis écrivaines auront plutôt la tendance MILF assumée, séance photos proprette avant de déverser leur haine de la mère dans un second roman qui passera inaperçu. Cynique, moi ? Naaan. D’autant que je prends mon travail très à coeur. Il ne s’agit pas de se retrouver avec un Marc Lévy ou un Guillaume Musso de plus dans le paysage éditorial français (je like à mort cette expression, elle cartonne dans toutes mes lettres de motiv), les cadres qui prennent le train ont suffisamment de quoi lire, merci.

Je ne critiquerai pas la tendance de fond des sujets des romans écrits par les Houellebecq ou Nothomb de demain (à savoir la crise de la quarantaine qui s’exorcise au contact de 1) Le cancer 2) Le secret de famille 3) le sexe à plusieurs 4) l’écriture – dans l’ordre de préférence). Car selon moi, l’important dans une histoire, ce n’est pas l’histoire, c’est la façon dont elle est racontée. (On voit que j’ai fait 5 ans de stylistique hein ?)

Bref, me voilà face à cette autobiographie merdique médiocre, histoire d’un type dont la vie se délite au rythme des turpitudes de  l’histoire du XXe siècle. Mes défenses critiques sont à plat : chaque phrase est une énormité (croyez-moi, un passage érotique dont l’écriture est totalement navrante, ça donne très mal à la tête). Mais voilà que je tombe sur cette envolée lyrique – réaction enflammée à la mort de Diana encastrée dans le pont de l’Alma, dont voici l’intitulé exact :

« Grace, Diana….Toutes ces princesses aussi nobles au divines, anéanties par les coups du sort, le destin, dans des accidents à première vue inoffensifs ! Fatum ! Fatum ! Fatum ! »

(J’adore cette expression d’accident « à première vue inoffensif… » Et puis c’est bien connu, seules les héritières princières ont des accidents de voiture, c’est prédestiné…)


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“Fondamentalement, les femmes ne veulent pas le pouvoir.”

Au cours d’un récent apéro entre amis, cette phrase a atterri sur le tapis. Si elle y a laissé moins de trace que le sirop d’érable qui l’a suivi de peu (oui, c’était un apéritif entre amis avec du sirop d’érable…. pourquoi? pas vous?), elle est toute de même assez intéressante pour que nous nous y arrêtions.

CONTEXTE (ou: Qui c’est le con qu’a dit ça?):

Eh bien, un type pas con du tout en l’occurrence, et c’est bien pour ça que ça m’interroge. (C’aurait été, je sais pas moi, Michel Sardou par exemple, je me serais contentée de lever les yeux au ciel). Mais non, ici parlait un type intelligent, intéressant, jeune (26 ans), curieux, open-minded, très à gauche, hétéro, sans traumatiste particulier avec la gent féminine, pas sexiste, pas raciste, pas roux, et pas originaire du Puy-de-Dôme. Donc: Quelle ne fut pas ma surprise! comme on dit.

Je m’apprêtais instantanément à sauter sur un grand cheval en brandissant un recueil de textes d’Isabelle Alonzo, mais une fille sur le canapé réagit plus vite que moi et plus fort (si si); je me tus et pris des pop-corn pour regarder le débat. Or il se trouve que cette fille est une ex-championne de France de Ju-jit-su. Du coup, point de débat, mon cousin filant vite fait dans la cuisine faire la vaisselle. (oui, le type en question est mon cousin).
Bon, l’anecdote en elle-même pourrait déjà être une forme de réponse à l’affirmation initiale. La femme sachant maîtriser les arts martiaux a fondamentalement le pouvoir sur le type qui lui pas

g

TENTATIVE DE DÉVELOPPEMENT (ou: comment j’ai filé la migraine à mon cousin)
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“Tu portes vraiment mal ton prénom !”

Face à cette attaque minable, j’étais restée coite (c’est rare).
La vengeance se dégustant comme le gaspacho, je vais trouver aujourd’hui la bonne réponse.

Dans la pure tradition du commentaire composé sur Stendhal de mes 16 ans (mais avec beaucoup plus de mauvaise foi) et pour éviter que la colère ne m’emporte, je répondrai avec structure: Pourquoi? Comment? Qui? Qu’aurais-je pu/du répondre? Et si tout ça dépassait de façon vertigineuse ma petite personne? C’est quoi “mal porter” un prénom? Et ta mère?

En premier lieu: pourquoi?

Bah ché pas. C’était gratuit et méchant.

Mon prénom n’a rien de bizarre, il est même plutôt joli et personne ne me fait habituellement de remarque dessus. C’est pas comme si j’étais un mexicain de 50 ans appelé Email. Mon prénom et ma personne ne forment pas un paradoxe notable, genre s’appeler Brune en étant blonde ou s’appeler Eve et détester les feuilles de vigne.

Mais comment as-tu réagi alors, pauvre petite fleur?

L’enfant de quatre ans qui sommeille en moi a résisté à l’envie de pleurer devant tant de méchanceté.
L’adolescente impulsive a calmé son envie de répondre “mais je t’emmerde!”
La jeune femme pleine de discernement s’est abstenue de lui mettre un coup de genoux bien placé.
L’adulte pacifiste adepte de la philosophie zen (j’ai lu un Que sais-je sur le sujet) a fait comme si elle n’avait pas entendu.
Et la conne qui a manqué de répartie a trouvé depuis 50 phrases qui auraient été parfaites pour clouer le bec de ce sale type.
Notamment, j’aurais pu répondre “Nan, toi”. (Le vieux coup du “miroir magique, cé c’lui kidikilè” – ça fonctionnait très bien dans la cour de récré, je vois pas au nom de quoi ça ne marcherait plus après).

Mais en l’occurrence, ça n’aurait pas marché: le type en question s’appelait Michel. Il portait très bien son prénom de sale type.

Je l’ai annoncé: les michels et moi, ça ne colle pas.
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« Ouais mais vous, au moins, vous avez le maquillage »

« Ouais mais vous, au moins, vous avez le maquillage ». (Malgré mon port altier, on ne me vouvoie pas – pas encore. Vous = les filles).

Là, on ravale ses répliques cinglantes type « ouais, et on a aussi gagné les menstrues, l’épilation du maillot à la cire brûlante et l’accouchement aux forceps. ». Car c’est indéniable : nous, c’est-à-dire les meufs, on a gagné le droit de plonger sa tête dans un pot de fond de teint matin et soir pour dissimiler pores dilatées, points noirs, cernes bleuâtres et autres joyeusetés imposées par nos vies trépidantes de femme active et alcoolo qui tourne à un paquet par jour. Ainsi, trois couches de crème hydratante, de base lissante, de fond de teint, d’anticernes, de blush, de crayon khôl, de mascara, de rouge à lèvres, d’ombre à paupières, de poudre plus tard, vous avez une tête à peu près correcte (de même qu’une légère tendance à laisser des empreintes orangées partout sur votre passage).

Nous voilà donc au XXI e siècle capables de porter un masque de maquillage tout en ayant l’air naturelles, fraîchement sorties du plumard, genre ouiiiii, moi quand je me lève j’ai la bouche finement rosée, la pommette creusée, la peau mate et le cil long de trois centimètres. Somme toute, on a le pouvoir de se photoshoper toute seule.

Un avantage, de toute évidence… Lire la suite « « Ouais mais vous, au moins, vous avez le maquillage » »