“Fondamentalement, les femmes ne veulent pas le pouvoir.”

Au cours d’un récent apéro entre amis, cette phrase a atterri sur le tapis. Si elle y a laissé moins de trace que le sirop d’érable qui l’a suivi de peu (oui, c’était un apéritif entre amis avec du sirop d’érable…. pourquoi? pas vous?), elle est toute de même assez intéressante pour que nous nous y arrêtions.

CONTEXTE (ou: Qui c’est le con qu’a dit ça?):

Eh bien, un type pas con du tout en l’occurrence, et c’est bien pour ça que ça m’interroge. (C’aurait été, je sais pas moi, Michel Sardou par exemple, je me serais contentée de lever les yeux au ciel). Mais non, ici parlait un type intelligent, intéressant, jeune (26 ans), curieux, open-minded, très à gauche, hétéro, sans traumatiste particulier avec la gent féminine, pas sexiste, pas raciste, pas roux, et pas originaire du Puy-de-Dôme. Donc: Quelle ne fut pas ma surprise! comme on dit.

Je m’apprêtais instantanément à sauter sur un grand cheval en brandissant un recueil de textes d’Isabelle Alonzo, mais une fille sur le canapé réagit plus vite que moi et plus fort (si si); je me tus et pris des pop-corn pour regarder le débat. Or il se trouve que cette fille est une ex-championne de France de Ju-jit-su. Du coup, point de débat, mon cousin filant vite fait dans la cuisine faire la vaisselle. (oui, le type en question est mon cousin).
Bon, l’anecdote en elle-même pourrait déjà être une forme de réponse à l’affirmation initiale. La femme sachant maîtriser les arts martiaux a fondamentalement le pouvoir sur le type qui lui pas

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TENTATIVE DE DÉVELOPPEMENT (ou: comment j’ai filé la migraine à mon cousin)

Je me contentais juste de demander à mon cousin une précision: par « fondamentalement », est-ce qu’il voulait vraiment parler de génétique ? Ou d’Histoire?

“Tu veux dire que l’ADN féminin porterait un message nous dissuadant de vouloir le pouvoir? Ce serait inscrit dans les chromosomes, au même titre que la couleur des yeux, le fait d’être droitier, les préférences sexuelles et la fatalité de devenir délinquant, tu veux dire? Ca remonterait donc à avant même l’époque où les zommes partaient pêcher le mammouth tandis que les femmes restaient gentiment à raccommoder leurs chaussettes en silex? Les millénaires d’oppression, les sociétés patriarcales, l’éducation, la pression sociale et les dogmes des églises n’auraient rien à voir là-dedans? Ce serait juste une histoire de gènes?”
Mon cousin n’a pas répondu. Il s’est contenté de lever les yeux au ciel (c’est de famille) et de récurer plus ardemment le plat à gratin.

EXTRAPOLATION (ou: Qu’en pense la minsitre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi?)


Après cette soirée arrosée en sirop d’érable, je mis cette phrase de côté. Elle me revint en mémoire il y a quelques jours en entendant parler Christine Lagarde (qui est la 17ème femme la plus puissante au monde, soit dit en passant. Elle doit avoir une bizarrerie génétique, la pauvre…)

(Tout d’abord, tous ensemble, chantons un bon vieux Respect à Christine pour son accent anglais.
Rappelons que Sarkozy, lui, parle anglais comme ça.
Et que pour s’excuser de la mauvaise météo à Paris, il a osé dire à Hillary Clinton cette phrase consternante:


(“What time is it?” et “The weather is nice”, chapitre 4 de livre Apple pie, classe de 6ème… J’dis ça, j’dis rien…)
(Un de ces jours, j’ouvrirai le débat sur “Pourquoi les français ont-ils un accent si épouvantable dans les langues étrangères”. Et la réponse-type  “C’est parce que les profs sont nuls” ne sera pas acceptable, ceci n’étant pas une cause mais une conséquence. Pour moi c’est en parti un vieux reste de culture colonialiste, un résidu gaullien de croyance qu’on est trop les plus forts et trop les plus puissants et que les autres, les pauvres loosers, ils ont qu’à apprendre notre langue… Je développerai à l’occasion…)

Bref, en tout cas, Mme Lagarde clôt ici un autre débat que j’envisageais de (me) lancer: une soirée il y a quelques jours, j’ai chopé au vol la phrase suivante (oui, dans mon monde, les phrases volent, tombent, s’écrasent, surgissent. On dirait un zoo pour littéraires bavards)
“Si le monde n’était plus gouverné comme un concours de qui-a-la-plus-grosse, tout serait sans doute plus calme”.

Christine donc est d’accord avec moi. Je kiffe.
Qui plus est, Christine a fait de la natation synchronisée dans sa jeunesse (comme moi. Eh ouais.)
Christine n’a pas fait l’ENA (comme moi. Sinon je ne serai pas en train d’écrire cet article à deux heure du mat’, vu que je devrais me lever à l’aube demain pour diriger le monde).
Christine et moi pourrions peut-être devenir copines.

CONCLUSION (c’est génétique ou bien?)

Pour ce qui est du fondement du non-désir féminin de pouvoir, non,  je n’ai pas de réponse nette. Je pense que je vais aller faire des confitures et papoter vernis à ongles avec Margaret Tatcher pour y voir plus clair. Je vous tiendrai au courant.

Non, vous ne rêvez pas: ceci est bien un casse-noix Margaret Tatcher

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