“On dirait une femme fatale”

Bon sang mais ma vie en ce moment est tellement fascinante que je ne sais quel thème traiter! Chaque instant m’offre une source d’article désopilant…

Exemple? Je viens de vivre deux semaines avec un danseur qui était en préparation d’un show sur Mylène Farmer (non, pas “avec” Mylène Farmer, nuance). Soit 14 jours de répétition dans mon salon au son de video youtube de qualité médiocre écoutées à donf sur un vieux PC.(“Douce liberté” du travail à domicile… et ta mère!)(J’aurais offert ma virginité au premier qui me prêtait un bureau où personne ne chantait Je je suis liberti-neu)(ma virginité ou un resto, au moins). Et sinon, en dehors de danser sans contrefaçon, il mangeait des pâtes à la carbonara. Pendant 14 jours, et autant de nuit. Comme je m’en étonnai, il me répondit: “Oui, parce que y a des lardons: ça fait des protéines”. La sauce carbonara, meilleure alliée d’une alimentation saine et équilibrée? Voilà un bon article à écrire. (Je devrais postuler comme rédactrice chez doctissimo)

Un autre exemple de ces instants fous qui sillonnent mon petit bonhomme de chemin? Pas plus tard que ce soir, un inconnu m’a offert une magnifique révélation sur moi-même: “Ouais, en somme, t’es une fille normale”. J’écrirai un article sur cette phrase dès que j’aurai analysé à grands frais (séance psy (65 €) + mojitos avec amies (21€) + clopes (5 €40) + cafés avec amis le lendemain à ressasser avec égocentrisme (4€40) + pourboire au serveur qui m’aura écoutée (de force) après que mes amis auront fui) pourquoi ça m’a fait si mal à l’ego.

En attendant, je propose un article tout aussi passionnant (quoiqu’un peu moins narcissique)(?) sur ce thème ancestral et fictionnel de fantasme: la femme fatale.

Aucune pétasse et/ou joggeur n’ignore que c’est le titre du dernier album de Britney, ce qui prouve que ce blog surf brillamment sur l’actualité (et comme ce blog n’existe que pour nous rendre riches et célèbres, on doit se mettre dans les modes du jour afin d’améliorer notre google rank)(c’est ça ou parler de Q)(mais ça, ma collègue s’en charge).

En plus, vient d’avoir lieu le mariage le plus attendu de toute l’histoire du monde de l’humanité qui a rendu deux milliards de spectateurs tout émus de tant de romanesque (cette robe! ce déguisement de soldat de plomb! ces chapeaux pastels!), de tant d’amûr, et de découvrir que la soeur de la mariée était bien plus bombasse que son aînée. (Ca se voit que j’essaye de caser tous les mots-clés-du-jour de yahoo dans mon article, ou pas?)(Il me reste à parler de la victoire du Barça et de l’attentat de Marrakesh, et c’est le bingo)

Et enfin (après ce paragraphe, si tout va bien, j’aurai fini de justifier le pourquoi de cet article. Je pourrai donc peut-être commencer à l’écrire)(mais ne vous inquiétez pas: rien n’est moins sûr)(un ami m’a dit l’autre jour “C’est sympa, ton blog, c’est juste dommage quand tu fais des digressions”. Je devrais peut-être renommer cet article avec cette phrase…)(quoique (et après, promis juré, j’arrête de changer de sujet) la digression a du bon. Si aujourd’hui je n’avais pas digressé de mon chemin habituel pour emprunter une rue que je ne prends jamais (et justement parce que je digressais en même temps au téléphone avec ma soeur) je ne serai pas tombée sur un type dont je cherche à obtenir le contact professionnel depuis des mois et voilà que j’ai son numéro de portable et qu’il attend mon mail. Ah! Merci la digression, donc.)

Breeeeeeef.

D’où vient cette phrase géniale qui me sert de titre? D’une source sans fin de bonnes citations: M6.

Evidemment, je regarde rarement la télé et uniquement des programmes de choix. Mon temps de cerveau disponible doit être employé uniquement à des fins de haute valeur intello-spirituelle et  je ne suis pas une plouc qui se vautre devant TF1 et oublie ses problèmes métaphysiques devant Cauet, nanméoh-vous-m’avé-pri-pour-ki.
Donc le jeudi soir, en deuxième partie de soirée, une fois que j’ai fini de relire l’Encyclopédie et de théoriser sur quelque sonate de Schubert, j’apprécie grandement de regarde Nouveau look pour une nouvelle vie.

Casting au Puy-en-Velay

Grand rendez-vous humaniste offert par M6, la chaîne qui prône l’élévation de l’individu par l’ajout de photophores turquoise dans son pavillon de Livry-Gargan et de far à paupière assorti sur sa propriétaire.

Nouveau look pour une nouvelle vie: rien que le titre est un poème. Soyez stylé: vous réussirez. Devenez beaux, sans ça, aucune chance. Votre estime de vous, gonflée à bloc vous permettra de déplacer des montagnes, votre mari vous regardera à nouveau avec cette flamme de désir intense que vous n’aviez pas entrevue depuis l’été 87 quand il vous avait pris par surprise dans la douche du camping, vos amies vous jalouseront de ce dégradé capillaire qui met magnifiquement en valeur vos sourcils nouvellement épilés, vous verrez briller les yeux de vos enfants qui pour la première fois remarqueront que leur maman n’est pas qu’une pauvre chose aux cheveux filasses qui porte un poncho (un poncho! véridique!) mais bien une vraie fâme.

Et mieux même: une femme fatale.

Vous, lecteurs et gens de goût, avez, je présume, déjà regardé maintes fois l’émission. Mais au cas où l’un d’entre vous, pauvre malheureux, ait eu tous ses jeudis soirs occupés à des futilités, telles que, je sais pas, travailler ou avoir une vie sentimentale, laissez-moi vous raconter la meilleur séquence:

Le plouc-no-look est posté dans une rue commerçante de la capitale. Dans un quartier riche en points de vente Zadig & Voltaire (Frédéric Lefebvre, spéciale kasdédi). On arrête les passants (tous so parisiens, so cool, so Zadig) pour leur demander leur avis sur le plouc. En gros, tout le monde s’accorde à dire qu’il est moche, ringard, pas possible, pas sortable, tellement Bourg-en-Bresse. Ensuite on montre gentiment la video au plouc qui pleure dans son poncho parce qu’il avait pas réalisé que c’était “à ce point” et que son treillis à franges n’était pas juste “un peu abîmé” mais une véritable hérésie de l’histoire du vêtement. (Un treillis à franges! Non mais, oh, les gars!?!)

Ensuite, M6 lui offre un nouveau look, le plouc pleure de découvrir que l’anti-cerne cache les cernes et que les talons rendent la jambe plus longue. Fort de cette nouvelle vie qui s’offre à lui, il retourne donc “affronter le regard des passants” (aka les bitches du Marais). Et là, en général, un sur deux s’exclame: “Waouh! On dirait une femme fatale!”.

Voilà. Vous pouvez rentrer à Chambéry avec vos escarpins dans lesquels vous ne savez pas marcher, fumer langoureusement des vogues menthol et dévorer vos amants: vous êtes officiellement devenue ce mythe universel et inaccessible qu’est la femme fatale.

Samedi: ménage + repassage + Auchan.

Soit, comme le dit le psy de Wikipedia une femme qui “torture son amant dans une relation déséquilibrée, en ne formulant jamais la confirmation de ses sentiments. Jusqu’à lui faire perdre tout à fait la raison”. Tout ça avec un balayage et un trait d’eyeliner? Trop fort, M6!

Encore un petit coup de réflexion sur le sujet et après ça ira (mes digressions m’ont épuisée). D’où vient ce mythe? De partout et de toujours apparemment (comme les anges, le prince charmant et les collants qui ne filent pas). Les légendes racontent que le succube prend l’apparence d’une femme défunte et fait croire à la résurrection de celle-ci pour s’accoupler avec son bien aimé. “L’union sexuelle avec une succube a ceci de spécifique qu’elle est nocturne, pendant la période des rêves (ceci découle très probablement du fait que les hommes ont régulièrement des érections durant les périodes de sommeil paradoxal)”.

La femme fatale serait donc un fantasme inventé pour les hommes et par les hommes? Ou justement emblème d’une prise de pouvoir féministe?

En Hongrie, c’est encore plus imagé: “les sorcières de Szeged chevauchent ceux qu’elles aiment ou qu’elles détestent : elles s’assoient sur leur poitrine jusqu’à ce qu’ils ne puissent presque plus respirer, puis elles les transforment en chevaux volants”.
Ah ouais. Carrément.

Image du Blog lapuce907.centerblog.net

Instant psycho: la succube est de nature ambivalente, puisqu’elle est à la fois redoutée et désirée. “Ce qui fait l’horreur, c’est le désir, et le désir devient monstre”.

Moralité: 
M6 vous change en monstre.
Réaliser un fantasme, c’est mourir un peu.
Les hommes préfèrent les garces, ou pas? J’y comprends rien moi.

Et pour finir de ne pas aborder le sujet, mais un peu quand même, voilà le si joli clip de Brigitte où il faut prendre soin d’écouter les paroles, et pas seulement se laisser envoûter par le regard fixe et les vocalises de ces terribles succubes. Et attendre la fin, surtout. Fatale.

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