Et tu fais quoi dans la vie?

De manière générale, je DETESTE qu’on me pose cette question. D’abord, elle est corrélée à des situations plus ou moins inconfortables : soirée avec des gens qu’on ne connait pas, dîner en tete à tete avec Joss72 de Meetic, repas de famille avec Tonton qui nous a pas revu(e) depuis qu’on a les poils qui poussent…

Ensuite,  durant toute une période (de 6 mois, mais qui m’a semblé une éternité), je n’avais rien à répondre. « Je suis au chômage » – ça vous pétait une ambiance aussi surement qu’un meeting de Christine Boutin. « Je cherche un taf » – trop de questions à venir. « Je me lève tous les jours à 14h, je geeke jusqu’à 18h et je picole toute la nuit » – pas socialement acceptable.

Je passerai sur les boulots d’été (quoique, « je castre du mais » avait un coté délicieusement déstabilisant – du moins auprès de mes petits camarades de prépas), qui ont, reconnaissons-le, l’intérêt indubitable de motiver pour de longues études. Parce que se trainer à genoux pour sarcler des carottes pendant 40 ans, ça semble inenviseageable (et puis, une fois qu’on a gouté au métro/boulot/dodo, on se surprend à y songer). Mais une fois les grandes études terminées, finie la rigolade, il n’est plus possible de répondre « Là, je suis en plein sur le dialogisme de Bakhtine à l’oeuvre dans Voyage au bout de la nuit… hmm, et toi? »

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« Vous avez quatre heures »

Il y a exactement 10 ans jour pour jour, un mercredi soir probablement ensoleillé, ma mère m’avait sans doute acheté du saumon fumé pour me remonter le moral (oui le saumon me remonte le moral, je me fous des théories de complots écologistes sur leur disparition et leur pollution) et j’avais sans doute mal dormi bien que je me sois couché tôt après avoir fumé une ou deux clopes en cachette dans ma chambre sur-décorée de photos de ma bande de copines.

J’avais du me dire (et peut-être m’écrire)(j’étais romantique) que je me souviendrai toujours de cette soirée parce que d’ici quelques heures allait commencer… ma Vraie Vie d’Adulte! (Non, ceci n’est PAS un article sur mon dépucelage).

Je me suis trompée: je n’ai aucun souvenir de cette soirée en particulier et ma VVA n’a pas commencé le lendemain (mais comme tout le monde, le jour où je compris ce que représentait le logo Carrefour).

Mais tout de même, il y a dix ans ce n’était pas n’importe quoi comme soirée: je m’apprêtais à passer L’ÉPREUVE DE PHILO!
Oooouuuuhhhh!
Donc en hommage à moi-même je m’en vais tenter de répondre à la question sur laquelle j’avais planché jadis:
« Tout pouvoir s’accompagne-t-il de violence? »
Vous avez quatre heures.
Hum.

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« Il est terriblement humain »

Conséquence de cet été précoce qui donne envie de déserter la grand-ville?
Effet collatéral de la révolution tunisienne qui a fait découvrir que ce pays n’était pas qu’un Pacha Club géant low cost?
Besoin de retour à nos racines franco-française face à un monde mondialisé et trop rapide?
Crise de nostalgie monarchiste parce que là, au moins, on était peinard sur le droit de cuissage?
Ou lointaine conséquence de la crise des sub-primes qui a fait tant augmenter le prix du pack de yaourt bio?

Je ne sais, mais en tout cas, c’est sûr: la destination de vacances tendance du moment c’est… les châteaux de la Loire!

(pourquoi les monuments historiques échapperaient-ils au gif animé, je vous le demande!?)

Moi je croyais qu’en étant France-métropolitain on n’y mettait les pieds qu’à 8 ans (quand nos parents se sentaient subitement en devoir de réviser l’Histoire de France  en nous prenant en photo devant l’armoire Louis XVI de Catherine de Médicis) ou à 42 ans (quand on se sentirait obligé de prendre en photo notre enfant de 8 ans ailleurs que devant la télé), voire à 82 (parce qu’alors on ne les aurait pas vus depuis 40 ans)(ce qui est idiot, hein, vu qu’un châtal de la Loire ça ne change pas des masses d’une année sur l’autre), eh bien je me suis fourvoyée.

Chenonceau est bien la place-to-be (free) du moment.

Mais la semaine dernière: drame chez le trentenaire-parisien-cool qui se tapait sa petite excursion bucolico-provinciale: Chambord était en grève !!!
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T’es déguisée en oreiller indien?

C’est simple : tout le monde aime se déguiser.

Depuis l’apparition triomphale de la coccinelle (du pirate, du barbapapa..) en grande section, depuis les premières soirées étudiantes où on s’impose un thème bling-bling pour donner le change, pour l’anniversaire de Tonton Gilles (allez, tous en perruque disco!),  le déguisement est un corrélat quasi naturel de toute soirée digne de ce nom. Se déguiser, c’est l’assurance d’une fête à la fois fun et excitante, avec ce je-ne-sais-quoi de vertigineux dû à la nouveauté (il n’est pas dit que vous reconnaissiez immédiatement votre copain Jacquot sous ce sapin de Noël).

Google Images recèle beaucoup d'idées fascinantes

Quand je suis arrivée à Paris, mon expérience du déguisement se résumait à trouver un truc drôle et pas trop cher qui me permette une certaine liberté de mouvement (pour picoler et draguer principalement) lors du carnaval estudiantin annuel. Au final, le temps passant, j’ai appris à laisser tomber les idées drôles mais absolument pas viables (= sous un rouleau de PQ +  pluie normande par exemple) ou les idées viables mais absolument pas drôles – se déguiser en permanence en bombasse pour pécho, au bout d’un moment, c’est la grille assurée.

Et puis, j’ai vécu mes premières VRAIES soirées déguisées – celles où les gens jouent le jeu à fond, se griment, cherchent des fripes durant toute une journée pour coller au thème – et par la même occasion, j’ai vécu mes premiers moments de solitude. Prenons les choses par le commencement :
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