« Moi, je sens les choses »

Ah l’été, saison de la nouveauté et de la rencontre! (Mon horoscope Cosmo avait vu juste!)

Ainsi, donc, bien que n’ayant pas eu de vacances à proprement parler comme vous l’aviez déjà compris (oui je compte le dire en boucle jusqu’au fin fond de l’hiver pour me faire plaindre, puis je partirai au bout du monde pour me faire jalouser)(mes rapports humains sont très sains), ces merveilleux mois d’été me furent riches en apprentissage. Sillonnant par monts zé par vaux notre belle patrie, chance me fut donnée d’échanger avec plus d’une variété de mes concitoyens (et quelques étrangers, pour l’exotisme) et certainement avec un éventail plus large que le reste de l’année. (le pourcentage d’éleveurs de moutons, de curés auvergnats et d’intellectuels lituaniens étant très faible dans les cocktails mondains du PMU de Clichy qui jonchent mon quotidien).

Cet été, je fis ainsi quelques découvertes qui, franchement me mirent en joie (m’aidant parfois du mantra « ce qui est naze aujourd’hui sera drôle demain »). Florilège de mes surprises de l’été:

– Rouler dans une décapotable belge sous la voie lactée  et découvrir, qu’au pays de Jacques Brel et Annie Cordy, les voitures luxueuses étaient équipées… d’un décapsuleur intégré! Ingénieusement caché dans une petite trappe coulissante entre le levier de vitesse et le frein à main, le décapsuleur (fort design) repose dans une sorte de mousse compacte moulée puis se clipse à la verticale pour former… « quoi ça? » un astucieux porte-(deux)-bouteilles!

Pourcentage de mise en joie: 64%. (on n’avait pas de bière)

– Apprendre que les immondes clowns blancs déguisés en Tic-tac dont l’affiche, placardée en bas de mon immeuble, m’agresse les yeux depuis 6 mois, sont en fait chanteurs et bien balèzes. (écoutez-moi donc ça!)

PMJ: 43% (Je n’excuse pas leur costumier)

– Hériter d’un chapeau de mariage blanc à voilette qui me sied de façon presque troublante (preuve irréfutable que j’ai bien été une duchesse victorienne dans une vie antérieure, comme je le supposais).

PMJ escompté: 71 % (quand je me pointerai avec chez Ladurée pour déguster des macarons au thym et qu’on m’appellera Lady)

– Boire des shots de liqueur d’hibiscus sous un chapiteau avec un intellectuel-dandy athénien qui riait très fort à mes blagues (L’hibiscus me rend hilarante. C’est bon à savoir)

PMJ: 88% (il était beau, il a évidemment tout payé et passait un disque des Andrews Sisters)

– Faire une randonnée en Birkenstock sur un chemin de boue, découvrir un monticule de terre en pleine forêt mystérieusement couvert de mosaïque bleu ciel et finir pieds nus au bord d’un ruisseau à lire de la philosophie indienne. (Instant poétique pour vous prouver que, non, Paris ne détruit pas entièrement l’âme de ses habitants)

PMJ: 91% (c’était en plus le seul jour sans pluie depuis 3 semaines)

– Regarder des photos de voyage en Transylvanie…

Ceausescu, on dira ce qu'on voudra, mais niveau route, il se foutait pas de la gueule du monde.

– Inventer une chasse au trésor avec des post-it dans un TGV dans lequel 75% des passagers sont mort-bourrés et confirmer que les gens ne demandent pas mieux que de jouer et de participer à des actions surprises absurdes. Et au passage, vaincre en partie ma phobie de marcher dans les trains. (Enfin, c’est pas vraiment une phobie. C’est plutôt un malaise : vous ne trouvez pas, vous que c’est un peu humiliant de traverser ces rangées de gens vautrés qui vous matent des pieds à la tête d’un air supérieur pendant que vous vacillez entre les sièges un café bouillant à la main, avec l’appréhension d’en brûler un au 2ème degré? bah moi, oui)

PMJ: 76% (Un des voyageurs bourré s’est réveillé et il était un peu agressif)

– Danser en boîte sous des jambons en train de sécher.

PMJ: 60% (les 40% étant perdus par le degré de remixage techno que le DJ infligeait aux Spice Girls)

– Me faire des amis. (Jusqu’ici je n’en avais pas.)(Je plaisante. Mais j’ai tout de même rencontré des gens vraiment biens)(et un curé auvergnat)

PMJ: 50% (j’ai aussi rencontré de sacrés cons. Ca baisse les stats)

-Voir s’énerver un rasta.
-Danser des menuets du XVIIIème sur des airs allemands joués à l’accordéon.
-Dessiner des vues panoramiques sur des post-it.
-Obtenir le 06 de quelqu’un dont je suis fan depuis 10 ans.
-M’essayer aux marionnettes japonaises.

– Partager avec un quasi inconnu un dimanche soir + une des pires pizza de l’histoire (what’s wrong with you, Domino’s people?!) + ce navet phénoménal: White Elephant, une sorte de remake testostéroné du 6ème Sens, où on apprend qu’à Bangkok, la population se compose de:
25 % de prostituées shootées de moins de 16 ans (et donc que toutes les femmes sont des putes)
74,99 % de proxénètes mafieux sans scrupule en costard ayant des problème avec leurs pères (et les putes femmes)
1 Noir (solitaire et violent)

And starring Kevin Bacon (parce qu'à Hollywood aussi, faut bien payer ses impôts)

PMJ a posteriori: 52% (surtout que ça m’a permis de caser une belle anecdote sur les éléphants blancs de Birmanie)(oui, même le dimanche soir au lit, étaler sa culturé Gé, ça fait pas de mal)

Ah, en parlant du Sixième Sens, tiens justement…

J’ai aussi rencontré une dame qui disait des phrases comme « Je ne peux pas respecter vos consignes: je suis un artiste ». (Elle avait les cheveux oranges). Et qui foutait, disons-le tout net, une ambiance pourrie dans le groupe de travail parce qu’elle était, peut-être une artiste, j’en sais rien, mais indubitablement une casse-couilles. Et un jour, à sa copine qui lui demandait si ça se passait bien dans le groupe, elle répondit « Oh, ce n’est pas facile. Parce que, tu sais, moi, je sens les choses ». (Je me suis retenue de répondre « Ah oui, genre vous sentez que vous foutez une ambiance de merde? »).

Je vous épargne le "Can you feel it" de Jean Roch

Voilà qui est exaspérant.

Ce mélange de pseudo-mysticisme (« Je suis très sensible aux Énergies »), de narcissisme hautain (« MOI JE cerne très bien les gens. JE les sens tout de suite. J’ai comme un sixième sens« ), de prise de pouvoir auto-proclamé (« Moi, jesens, je sais. Contrairement à toi pauvre plouc enfermé dans ton petit monde cartésien borné« ). Avec parfois une fausse modestie encore plus rageante, une petite moue qui sous-entend « J’ai un don et ce n’est pas facile de trouver ma place parmi le commun des mortels » (ouais, le faux babos-mystique, c’est un peu Clark Kent).

Cette certitude d’être de géniaux psychologues captant les auras, les secrets enfouis et l’âme véritable de tous ceux qui croisent leur route (« C’est vraiment quelqu’un qui dégage quelque chose » QUELQU’UN. QUI. DÉGAGE. QUELQUE CHOSE. ??!! T’as pas une phrase plus molle et floue, stp? « C’est vraiment une personne qui a un truc! ». Ah, ok)…

N’ayant ni chute ni conclusion, je vous offre un visuel génial de chez giftonic pour faire diversion.

(On est assez bien classées pour les requètes Google "Nicky Larson" et "Bisounours méchant". Je tente d'améliorer notre classement pour "Bob l'éponge" maintenant)

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4 réflexions sur “« Moi, je sens les choses »

  1. J’admire avec quelle précision tu détermines tes PMJ !

    Sinon pour quelqu’un qui n’a pas eu de wacances, il s’en est passé des trucs, comme quoi.

    Domino’s Pizza, c’est dla merde.

    Et ton artiste aux cheveux oranges, ça me rappelle mon ex.

    1. Si ton ex était une femme de 65 ans originaire de Carcassonne, j’ai sans doute passé la semaine dernière avec… (et tu as bien fait de mettre fin à cette relation, parce qu’elle était assez gonflante)(de toute façon les AAArtistes, c’est l’enfer)

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