« Mais t’es enceinte! »

Aloooors… D’abord, un grand welcome back à moi-même. Ca fait tellement longtemps que je n’ai pas posté d’article que j’ai mis 5 bonnes minutes à retrouver le mot de passe, et qu’au lieu de « nouvel article » j’ai failli « signaler un contenu mature » (une périphrase bien sympathique pour désigner du prOn, n’est-il pas?)

Donc voilà. Je n’ai pas écrit depuis au moins un demi-siècle, mais évidemment, j’ai une très bonne excuse. La meilleure du monde même. J’ai un BEBE. Oui oui, moi et mes tergiversations sur l’adolescence, le passage à l’âge adulte, et qu’est ce que je vais faire de ma vie, et oh mon dieu tous mes amis ont trente ans et sont en couple, nous avons dorénavant la charge d’un petit être humain – c’est effrayant quand on y pense, non? Actuellement, je suis en plein congé mat’, avec ma progestérone en baisse, un bébé sous mon ENTIERE responsabilité 10h par jour, un long couloir de couches devant moi (2 ans putain, 2 ans…).. Bref, je pète le feu.

J’aurais pu poster quelques anecdotes truculentes sur ma grossesse, pestiférer publiquement sur les gens qui laissent pas la place dans le métro, live-bloguer mon accouchement – mais je sais pas pourquoi, j’ai eu un blocage – genre, je suis déjà en train de créer la vie, je ne peux pas en plus écrire – travailler – répondre à une question compliquée. C’est dire si ma grossesse fut une période productive.

Des photos de bon goût qui illustrent parfaitement l’effet dévastateur des hormones

A présent, je peux faire la maligne et narrer ces 9 mois avec une certaine nostalgie – une certaine seulement, parce que le souvenir des contractions est encore trop vivace. Car enfin les filles, on ne va pas se mentir, la nature est profondément injuste. Misogyne même. A un tel point que durant les 3 derniers mois, je ne pouvais plus voir mon mec en peinture – car quoi qu’il arrive, vous serez la seule à ne pas dormir durant 2 mois (je parle des deux mois AVANT le bébé), à avoir 10 bons kilos à perdre, à vous trainer à 4 pattes le jour de l’accouchement en hurlant à la mort, à perdre un fucking placenta (je sais pas pourquoi, cette histoire de placenta m’a particulièrement traumatisée. Peut être parce que le jour de l’accouchement, la sage-femme m’a demandé si je voulais le voir – euh non, merci) – enfin, ne comptez pas sur moi pour encourager le taux de natalité. Bien entendu, une fois le bébé dans les bras, on oublie tout hein – LOL.

Ca et ne pas boire d’alcool, ni fumer une cigarette, ni manger de viande crue, ni de fromage, ni de foie gras – durant la grossesse, pour faire simple, il s’agit de biffer tout ce qui est un peu sympa dans la vie. On a tellement rien le droit de faire que lors de ma semaine de vacances en janvier, je suis partie à Center Parcs – oui, avec des gens blonds qui font du vélo en parka, des canetons sur le lac, et une grande piscine sous bulle, comme dans la pub’. Flippant. Il y avait moi, mon ventre, mon mec et sinon que des familles avec plein d’enfants qui hurlent partout. Center Parcs =  meilleur contraceptif jamais inventé. On est loin des road trip en Thaïlande hein?

Après, il y a vraiment des trucs magiques dans la grossesse- sentir le bébé bouger bien sûr (non, je ne suis pas qu’une blogueuse sardonique et sans coeur), mais aussi la possibilité d’être horriblement capricieuse et que tout le monde trouve ça normal (les hormones). Ca et avoir envie de répondre à tous les « Vous êtes enceinte? » « Non connard je suis constipée » (les hormones, mes amis, toujours les hormones). Et également : cacher sa grossesse à tout le monde les 3 premiers mois, quand on est une alcoolique notoire. J’ai développé des trésors d’inventivité et de mensonge – comme faire les yeux doux au serveur pour avoir des mojitos sans alcool – eh oui, la grossesse = 105 D. N’empêche, à la place de mes potes, je me ferai plus jamais confiance. Enfin, et ça c’est LE truc que j’ai découvert et qui me réjouit toujours autant : l’enfant, de manière générale, fournit un sujet de conversation inépuisable avec tout le monde – ou plutôt, avec n’importe qui. Fini les blancs un peu gênants avec la caissière, le mari de la cousine Machin, le contrôleur du bus, la mémé au Monop’… Car tout le monde a un bon conseil à vous donner/une petite phrase culpabilisante (si j’en crois l’opinion du parisien lambda, j’ai un enfant au bord de la famine et en passe d’attraper la totalité des maladies infantiles à 2 mois). Bref, que du bonheur.

D’avance, je rassure et les lecteurs fidélisés par les brillants billets de ma collègue et les ados phéromoneux qui atterrissent ici après une recherche bizarre (grossesse + prOn par exemple), non, ce blog ne va pas devenir une ode à la maternité, aux baby-showers ou autres panégyriques du biberon. Même si, évidemment, je suis parcourue en permanence par de nombreuses questions existentielles, rapport à mon nouveau statut de Maman (argh, ça fait toujours aussi bizarre) comme Est-ce que naitre sous Sarkozy peut porter un quelconque préjudice à ma progéniture, est-ce que je pourrais un jour à nouveau dormir, est-ce que les progrès scientifiques permettront aux hommes de tomber enceints – mon nouveau combat?

En même temps, s’il y a bien une chose que j’apprends en ce moment, c’est que rien n’est jamais acquis (et que les hormones post-grossesse vous font parler comme JCV). Un jour, on pense que le bébé a enfin compris la différence entre le jour et la nuit (à force de se faire nourrir par une mère zombie peut-être). Ou que ça y est, on gère, on n’est plus trop stressée. Ou qu’on arrive à rentrer encore dans du 38. Et puis en fait, NON – genre on me laisse encore la place dans le métro, et je doute que ce soit dû à une quelconque solidarité envers les MILF…

En tout cas, me revoilà un tant soit peu dans ma vie d’avant et avec une foule d’anecdotes à raconter – quand j’aurai le temps, hein. Haha.

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