« Il faudrait faire la grève du monde ! « 

Je crois qu’il est temps que je fasse ici mon coming out professionnel: chers lecteurs/lectrices voilà… je suis intermittente du spectacle.

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Ce qui n’est pas un métier rappelons-le. Mais officiellement, donc, aux yeux de l’Etat je suis chômeuse. Non seulement chômeuse, mais de cette particulière sale niche de nantis profiteurs qui ne foutent rien à part, genre pisser sur scène à Avignon en hurlant des textes en flamand. J’ai écrit ce blog sans jamais dire ce que je faisais dans la vie (hormis me ridiculiser dans diverses situations). Sans doute que c’était parce que j’aimais bien que cet espace virtuel soit non seulement anonyme mais aussi distancié de ma fort prenante vie professionnelle.

Mais vu la situation, allez je le dis : je suis comédienne, je suis metteuse en scène, je suis autrice (on dit ‘autrice’ oui. je le justifierai une autre fois…). Parfois traductrice, parfois dramaturge, parfois même je fais des échasses, parfois j’écris sur commande pour des gens qui n’y arrivent pas. Parfois chargée de communication, de diffusion, parfois administratrice, RP, secrétaire, illustratrice, je monte des dossiers de subvention, des demandes de partenariats, j’envoie des milliards de mails à des gens qui ne répondent pas. Je travaille pour des compagnies, avec d’autres compagnies, au sein de ma propre compagnie, en collectif, en club d’écriture, en asso, pour des boîtes de prod, d’évènementiels, des organismes publics, de bien public. Parfois dans des écoles, parfois dans la rue, parfois pour des colonies de vacances. Je travaille sur 4 ou 5 régions différentes, non plus en fait. Depuis mars 2013 j’ai pas du passer plus d’une semaine consécutive à Paris mais ça je ne m’en plains pas, j’aime bien la route et je n’ai pas d’enfant, donc ça va. Pour l’instant.

Mon père me dit: putain t’as la belle vie. Ma soeur me dit: t’en as jamais marre?

NON

Parfois il m’arrive des trucs mirobolants auxquels j’ai peine à croire (ah le sentiment d’illégitimité!) genre voir une de mes pièces publiées par une super maison d’édition, devoir dédicacer un exemplaire. L’entendre lue dans un gros théâtre par des super acteurs avec des moyens techniques et tout. Et puis le lendemain je me lève à 5h30 pour aller faire une figu en robe d’été en plein hiver et on dit « elle peut se foutre de dos la blonde à côté du poteau?! » et en m’excusant je me mets de dos. Avec le temps j’arrive – je crois – à me foutre de ces trucs là. A être la blonde à côté d’un poteau le lundi, à participer à une table ronde sur un sujet intello le mardi, à bosser en collectif marxiste le mercredi-jeudi, à passer à pôle emploi le vendredi avant midi tapante et à bosser sur mes projets, mes textes, mes dossiers les samedis-dimanches. Parfois même pour certains de ces trucs je suis payée et à chaque fois je suis un peu fière de parvenir à avoir un salaire de mon métier.

J’ai divisé le nombre d’heures que je travaille dans l’année par le montant global de mon salaire: je gagne en moyenne 27 centimes de l’heure.

Certains jours je me dis que pfiou! j’avais pas réalisé que mon métier c’était pas vraiment un métier mais une espèce de foule de truc étrangement ramifiés que je dois tenir à bout de bras avec une énergie sans faille, parce que me plaindre serait vraiment une honte, n’étant qu’une enfant pourrie gâtée. C’est vrai quoi: je n’ai pas à pointer dans une usine nucléaire insalubre, et surtout « tu fais ce que tu aimes ». Donc je ne me plains pas. Je n’ai pas vraiment de patron. juste une foule d’employeurs (dont certains sont des potes). D’ailleurs en vrai, mon principal luxe, c’est celui-là: je suis une travailleuse non subordonnée. Oui c’est un luxe. C’est même tellement luxueux que c’est dangereux pour le patronat voyez. On est bien plus tranquille avec les employés qu’on peut virer. Qu’on peut faire chanter. Qu’on peut écraser et menacer, qu’ils fassent le dos rond, ne l’ouvrent pas, suffit de brandir l’horrible épouvantail du chômage. Moi je suis chômeuse depuis 10 ans. J’ai eu 30 ans la semaine dernière (nous reviendrons sur cette loose parfaite qu’a été mon anniversaire…) et ma principale célébration professionnelle annuelle, c’est quand je réouvre mes droits au chômage. Ca veut dire que 1. pôle emploi a fini par débloquer mon dossier qui sans raison était bloqué depuis 2 mois et que je vais pouvoir arrêter de pleurer chaque matin devant la connasse de la rue des Petites Ecuries. Et 2: que je vais pouvoir payer mon loyer pour les 8 prochains mois 1/2. Youhou.

A part ça, en vérité, à part ce luxe immense de la liberté et la liberté merveilleuse de pouvoir choisir sur quoi et avec qui je bosse, à part ça, aucun corps de métier de France ne voudrait vraiment de mes conditions de travail, je crois.

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Je n’ai jamais eu 5 semaines de congés payés. Pour 2013 j’ai eu exactement 402 € des congés spectacle qui m’ont pas payé de vacances, non: ça m’a juste un peu épargnée à un moment où pôle emploi avait encore coincé mon dossier dans leurs limbes de kafkaïens pervers.

Je ne suis pas imposable (en partie parce que je donne à toutes les asso qui m’arrêtent dans la rue, dès que lors que le jeune et beau mec de l’ONG tombe un jour où je suis A. de bonne humeur ou B. déprimée par le Monde. Soit 363 jours/an).

S’il m’arrivait un problème de santé je serais dans une panade totale, la sécu me filerait genre 20€/ jour et basta. Si je tombais enceinte et que j’avais la folie de garder cet enfant, j’aurais intérêt à faire croire à un mec riche que c’est lui le père si j’escompte que mon enfant dorme ailleurs que dans mon dressing d’1 m2.

Je ne prévois jamais de vacances parce que je sais que je les annulerais si n’importe quel plan boulot même moisi tombe la veille. Parce que, ben, faut bien que je fasse mes heures. J’ai accepté en rigolant des plans mal payés, maltraitée, sans rien d’artistique ni intérêt quelconque en me disant qu’un plan pourri fait au moins toujours une bonne anecdote. (certaines ont atterri dans ce blog d’ailleurs).

Bref j’ai un putain de job précaire et en fait je ne l’avais pas réalisé avant récemment. Avant d’aller dans des AG et qu’on me l’explique par A + B. Parce que j’entends depuis tellement d’années dire que les intermittents sont des nantis et des profiteurs qu’inconsciemment j’ai du me dire que j’avais une chance folle…

 

Déjà je suis dans les 40% de chômeurs qui touchent des indemnités, c’est pas si mal non? (oui vous avez bien compris: 6 chômeurs sur 10 en France ne sont pas indemnisés). Je n’ai pas de thune, mais bon, j’ai pas spécialement envie de m’acheter tant de trucs inutiles, donc tant que je peux retarder toutes les dépenses en peu importantes à plus tard, ça va. (forcément en période de Noël/ anniversaires/ taxe d’habitation / changer mes lentilles c’est galère. Mais globalement, ça tient, et même certains soirs, je bouffe des sushis). Et puis être fauchée permet de vivre des expériences fofolles tels que des covoiturages dans tous les sens cardinaux: avec un flic du Pas-de-Calais, des surfeurs lillois, un aristo bourguignon, un alsacien dépressif, une hippy auvergnate et même un vingtenaire sarkozyste (on s’est bien engueulé). (je devrais aussi faire un post dédié au monde du covoiturage, putain!)

Sauf que.  C’est pas une question que moi, j’aille pas trop mal malgré la précarité. C’est pas ta faute ou la mienne. C’est pas l’histoire de gens qui ont plus ou moins de bol, et sont plus ou moins débrouillards dans la vie. Tout ça vient tout de même de putains de causes précises et notre problème il est idéologique. Voilà le gros mot est lâché.

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Toutes les miss France vous le diraient: le pire, c’est l’injustice. Et damned! on vit dans une telle fuc*ing injustice perpétuelle! ca vous déprime pas vous?

L’injustice qu’on demande aux chômeurs de combler 400 millions d’euro de découvert public alors qu’en même temps on offre 40 MILLIARDS aux entreprises? Qu’on nous demande (nous = les intermittents, intérimaires, précaires, vous aviez compris) 150 millions sur nos bouts de ficelle sans réfléchir à ce qui cloche vraiment dans le système? Que les syndicats signent un texte de loi destructeur pour se faire du pognon sur notre dos (l’agréement du 22 mars, pour ceux qui ont pas suivi…) Que le ministre du travail retourne sa veste le jour où il devient ministre alors que lorsqu’il était dans l’opposition il soutenait les propositions faites par le comité de suivi ? Qu’on ne jette même pas un oeil à ces études exemplaires proposées depuis 10 ans par les intermittents et précaires?  Qu’on doive justifier par des données chiffrées les revenus de la Culture comme si rien ne pouvait être valable en dehors de valeur sonnante et trébuchante? Idem pour la santé, pour l’éducation… Qu’on ait réduit l’idée de la Culture à la seule  notion d’Art contemporain et que 10 ans de propagande idéologique sur-médiatisée ait parfaitement détruit l’idée d’une culture populaire ?

Ce qui me déprime c’est de lire les commentaires de haine sous n’importe quel article sur les intermittents.

Ce qui déprime c’est la couverture médiatique qui réduit chaque action militante en une phrase lapidaire, et souvent fausse. Type: « des intermittens bloquent tel bâtiment pour dénoncer la réforme de leur assurance chômage ». Etudiez le choix des mots: « de leur assurance »… Non: le combat il s’appelle convergence des luttes. Et il ne défend pas une caste contre une autre, il ne s’agit pas de privilèges. Il s’agit de défendre des droits sociaux déjà tellement mis à mal, il s’agit de s’insurger contre un système qui détruit tous les travailleurs au profit des gros actionnaires. Sous la mascarade de l’austérité forcée -dénoncée par tant d’économistes- en répétant toujours ce mot d’une hypocrisie gerbante: « la fléxibilité ». Un bel exemple de novlangue. c’est sûr que « destruction des acquis sociaux » passerait moins bien dans un discours d’élu socialiste… (là on pourrait aussi expliquer en quoi « élu » et « socialiste » sont également devenu des mots novlangue vides de leur vrais sens…)

Et les raccourcis, les plaintes et la débilité des ronchonneries contre la grève des cheminots! Là ça me déprime et ça me met en rogne. Qu’on fasse passer pour « archaïque » ou « égoïste » les luttes sociales. Que ‘lutte des classes’ semble un mot tellement démodé que, non mais sérieux, attends, t’es communiste ou quoi ah ah?! L’autre jour quelqu’un m’a dit « ah ouais, t’es en phase passionaria trotskiste quoi! ah ah! »… c’est dur d’argumenter après… le choix des mots…

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Ca me déprime qu’on soit tous tellement paumés, tellement en colère, tellement déboussolés, tellement laissés à l’abandon qu’on ne sait même plus quoi faire de notre colère. Qu’on arrive à peine à croire qu’il y a des alternatives. Qu’on regarde le FN monter avec terreur – mais qu’est-ce que je peux faire moi ? (à part le dire sur facebook?), qu’on soit trop précarisés pour oser bouger…  Qu’on ait les mains liées par la précarité ou par la peur de la précarité, qu’on soit trop seul avec nos angoisses pour les changer en quelque chose de positif et collectif? Faudrait qu’on atteigne quel niveau pour se dire, que là, vraiment, il faut agir, parce qu’on n’a plus rien à perdre? Sans doute qu’on a encore trop à perdre? C’est ça notre problème ? On croit que ça va pas si mal, comparé à ailleurs, alors ne bougeons pas trop, ne nous faisons pas remarquer?

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Et la douleur de se battre aujourd’hui face à un gouvernement pour lequel, tout de même, on a voté. L’inertie de ce gouvernement face au MEDEF…  non: pas son inertie en fait, c’est faux! Son consentement absolument volontaire et choisi de s’accorder à tout ce qu’ordonne le MEDEF.

L’épuisement face à ce monde où tous les problèmes complexes se trouvent présentés de façon binaire.  Pour créer une société de gentils vs méchants, où on est tous le vilain méchant de quelqu’un, les immigrés, les juifs, les chômeurs, les patrons, les arabes, les cheminots, les profs… Je suis juste tellement fatiguée, tellement triste, tellement le bide noué, tellement rageuse devant la folie du monde. Tellement consternée. Je n’ai tellement pas de solution mais tout me semble marcher tellement à l’envers! Quand la folie a-t-elle accéléré si fort ? depuis quand la haine, le cynisme, la bêtise, l’égoïsme, l’horreur ont-ils atteints de tels sommets ? Des sommets si hauts qu’on est fatigués rien qu’à l’idée. Alors à quoi bon…?

Mais punaise! Comment peut-on se laisser faire comme ça? On est un putain de pays de révolte normalement ! On est un putain de peuple de colériques grandes-gueules, toujours un truc à ajouter, un débat sur le feu, une opinion tranchée! On est un putain de peuple de fraudeurs, de frondeurs, de pinailleurs! Pourquoi on n’arrive pas à tourner cette énergie là en vraie action intelligente et collective?

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J’étais au Québec récemment. (ouais c’est pour ça que je mets des fuck toutes les 3 lignes – je vous épargne ainsi les « crisse de câlisse ») Et là, dans ce pays aimable et calme, où le capitalisme de papa semble tellement intégré qu’on a même pas idée qu’il s’agit d’une idéologie, où le capitalisme est parvenu à se faire passer pour un état naturel du monde (comme le soleil, tsé?!), dans cet endroit vraiment chouette avec des parcs et du savoir-vivre et du respect mutuel je me disais: ouais mais quand même la France, c’est quelque chose!

A Montréal, l’espace public c’est un espace partagé où il faut donc éviter de troubler la paix de l’autre. C’est bien, c’est calme, c’est clean… Mais ici, en Europe on considère l’espace public comme un espace qui nous appartient. A tout un chacun. Et en fait ça change tout! Ca veut dire qu’on trouve que c’est notre (bon) droit de faire des grèves et des manifs pour obtenir ce qui nous semble légitime. On est un putain de pays de révoltes, de  syndicats et de moustachus en colère. Et ça, bordel, c’est quand même crucial! Quand les accords de l’Union Européenne se signent en cachette, quand les traités passent au contraire de ce qu’avaient voté les peuples, quand les multinationales obtiennent le droit de faire des procès aux gouvernements quand elles se trouvent gênées dans leur libre-échangisme sans vergogne, ça devient une obligation citoyenne d’oser dire non! Enfin je crois… non?

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Je suis vraiment loin d’être chauvine et j’ai une bonne tendance à cracher sur beaucoup de la France, notamment de son Histoire (parfois de nos comportements). Mais à Montréal, au milieu de cette douceur du consensus, je me suis trouvée sacrément contente d’avoir grandie en France. Dans la gueulante et les désaccords. Qu’ici quelques uns puissent encore dire clairement qu’on a un vrai problème: c’est la soumission à un capitalisme aveuglé et aveuglant, qui méprise la voix du peuple, qui crache sur ses travailleurs autant que sur ses chômeurs sans jamais ni écouter leurs arguments ni se remettre en question. Que ceci est un problème de lutte des classes. Que notre gouvernement est une honte. Que notre démocratie est une blague. Et qu’on n’a pas à avoir honte de refuser le libéralisme américain suicidaire.

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Mais putain, on a tellement répété au peuple qu’il ne fallait pas trop réfléchir, que tout accepter était une marque d’ouverture, que la violence sociale était une norme, que le profit était  la seule possibilité de salut, qu’il fallait toujours plus plus plus pour que la vie ait un sens, et que lorsqu’on est fatigué d’une longue journée, il est bon de ne penser à rien, que la liberté de pensée est  bien suffisante… bref le capitalisme a tellement ingéré toutes les utopies, toutes les oppositions dans son gros chaudron démago que ben, maintenant, on trouve où le courage de remettre les pendules mondiales à une heure plus juste?

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Bon allez, la prochaine fois pour vous faire plus rire, je vous raconterai mon anniversaire dans la première ville FN de France, comment j’ai créé malgré moi un mouvement de sécession avec du papier kraft, comment la vie a décidé de me mettre sur la voie du zen en me soutirant mon ordi et comment j’ai joué Bridget Jones sur un des toits les plus huppés de Paris. C’était ben l’ fun, tsé?!

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61 réflexions sur “« Il faudrait faire la grève du monde ! « 

  1. C’est pas poss’ comme tu es clartitude. Je reviens te lire demain et tous les autres jours, c’est de salut public de s’imprégner de ces mots.

  2. Merci ! Je suis entré dans tes mots comme dans mes meaux . Je suis profondément touchée par ton témoignage et …tellement d’accord avec toi !
    Je suis une « psy » parfois fatiguée de marcher sur la tête et de la souffrance de ce monde . L’en-Vie me prend souvent de tout abandonner … pourtant je continue… j’avance dans le brouillard , en me répétant sans cesse que le jour va bientôt se lever … Confiance , ma b-elleestsifragile , on a besoin de gens comme toi , comme moi, aussi ( je préfère le croire !) sinon, toutes les lumières vont s’éteindre et , pour le coup, on sera pas dans la merde ! Bien à toi , Claude

  3. bonjour, je suis chorégraphe et parfois j’ai l’opportunité de prendre publiquement la parole. Me permettriez-vous de lire votre texte en préambule de mon spectacle ?

    1. butoh ! ankoku butho ! la danse des ténèbres ; l’obscurité du temps présent ; nos mises en corps, nos mises en mots …

  4. Bravo pour ce très beau message si précis et si juste. Oui je partage totalement ce point de vue et aussi l’indignation qui est la vôtre devant ces réflexions souvent haineuses de gros cons qui n’ont pas lu cinq livres dans l’année et qui se permettent de juger les « intermittents » et les artistes en général

  5. Super texte ! Merci !et je rajoute, sans vouloir faire d’amalgame, une grande pensée pour les artistes plasticiens qui, pour certains, ne sont pas au chômage mais au RSA n’ayant pas l’accès a l’équivalence intermittence…. C’est pire encore…

    1. Ah ouais mais vous c’est pire quoi! déjà que nous, pisser sur scène en parlant flamand c’est pas sérieux sérieux, mais alors bon suspendre des chaussettes moisies sur des toiles et appeler ça un métier… faudrait peut-être pas exagérer non plus!

  6. La Grève du Monde! J’en rêve tout les jours! J’en ai rêvé hier et ça me poursuit depuis mon réveil! Ce texte est très beau et puissant, de même pour l’iconographie.

  7. Ca crisse sous les dents de vérité et de désolation énergique ! vous seriez pas du genre à traverser le passage piéton même au feu rouge s’il n’y a pas de voiture en vue sur des kilomètres? …enfin ce genre d’acte provocateur et anarchiste qui rend le libre arbitre concret et responsable…

  8. tellement réaliste nous expliquons souvent notre métier nous sommes acrobates entre autre (fabriquons nos structures , couturier , régisseur , commerciale , informaticien etc …) ! merci ca nous permet de nous sentir moins seul ,
    séparer pour mieux régner fonctionne a merveille c’est ce qui me fait mal car c’est justement le contraire faire corps pour faire face a la difficulté
    encore merci

  9. Très belle plume. Merci pour ce joli texte.
    Cependant, ça ouvre un autre débat, la façon de faire grève. L’obsolescence de ce qui aida nos aïeux est ce qui nous dessert aujourd’hui (Non, je ne prendrais pas en exemple la marche silencieuse censé « remplacer » la parade à Avignon cette année!).
    C’est le vrai problème des moustachus en colère, le manque d’imagination.
    Faire grève ici signifie ne pas travailler pour montrer son désaccord. Or dans ces métiers, en tous cas celui de comédien, nous travaillons pour le public. Pour cette raison, faire grève en ne travaillant pas ne convient plus. On perd le public. Alors qu’ils sont ceux qui peuvent nous aider dans des combats comme celui là. Ils sont ceux qui peuvent faire la différence. Nous sommes là pour amuser les gens, pour les distraire, pas pour les emmerder en leur disant: « salut les mecs, alors suite à un mouvement intermittent… Bla bla bla …. Le spectacle est annulé. Bon ce coup ci, ce n’est pas remboursé, mais vous nous aidez dans notre combat. » Faut pas s’étonner que les Français soient en colère après les intermittents, on va droit où les politiques avaient prévu qu’on irait en faisant « grève ». Alors que la « grève » pourrait devenir un mot tellement plus amusant pour tout le monde. Sauf pour les politiques.

    1. Je pense qu’au delà d’amuser les gens ou de les distraire, les acteurs du spectacle vivant sont aussi là pour faire avancer le débat public, pour dénoncer, pour critiquer, pour réveiller. Et que les spectacles sont des lieux de rencontres citoyennes qui pourraient avoir un rôle plus important à jouer que ce n’est le cas aujourd’hui (les media de masse portant un discours… massif, le local, à hauteur d’homme, est peut-être la seule possibilité de salut…?)
      Donc je ne crois pas que ce soit forcément emmerder les gens que de vouloir parler sérieusement, et réfléchir ensemble aux directions que prend la société… A part, comme je le dis à la fin du poste, qu’on nous abrutit tellement méthodiquement rendant binaires tous les débats.
      ceci dit je suis d’accord avec toi que trouver une forme intéressante, innovante et porteuse d’espoir pour les actions est une tâche ardue… et que la question de la grève dans les métiers de la scène est particulièrement sensible…

      1. Pardon, je me suis mal exprimé. Parler sérieusement est bien sûr très important. Faire part de nos inquiètudes et de notre cas au public est très important.
        Ce que je voulais mettre en avant était plutôt la partie finale de cette « citation ». Annuler des représentations dessert les comédiens (pour reprendre le meilleur exemple que je connaisse avec ce métier) plus qu’il ne les sert. Le public est abandonné, les shows ne sont pas toujours remboursés.

        Après faire avancer le débat public, oui. Mieux, l’élever (et ce n’est pas compliqué). Écrire et jouer pour choquer ou faire passer un message, ne devrait pas être la motivation principale à la création. Ce qui peut sauver un spectacle, peut aussi l’enterrer et on a tendance, en France au moins, à oublier de raconter des histoires, de faire rêver, et de se focaliser sur le message qui ne devrait être que l’arrière plan éventuel de quelque chose de plus grand. Mais c’est encore un autre débat. (Que je suis prêt à continuer mais pas ici)

  10. Un super et rare « comming out pro » !!! 27 cts de l’heure ! Qui dit mieux ! Convergence des luttes (extension du domaine de la lutte. sic…) Que penser de ton texte ?!!! (que du bien) Moi, je connais un paquet de gens; progressiste, bien-pensant, se disant de « gauche » et pétris d’humanisme, prêt à verser une larme sur la « misère » des intermittents et des chômeurs (et du monde)… Les mêmes, s’offusquent de la récente grève des cheminots, du blocage d’Avignon (CGT spectacle) et de toutes les luttes en cours… Les mêmes, lorsqu’ils sont « responsables » syndicaux pratique la négociation de « couloir », et s’allient objectivement à la direction, soucieux, sans doute, qu’ils sont, de leur carrières. Très peu défendent, ne serai-ce-que les aquis d’hier (congés payés, droit de grève, dignité, etc…) grignotés « gentiment » par les « décideurs » et nos politiques (oui, oui, ceux là, qui se prétendent « de gauche » !) Je donne pas chère des intermittents que nous sommes ! Nos « ancêtres » étaient les « amuseurs, les bouffons, les saltimbanques, les jongleurs, les acrobates, et les ménestrels… des cours royales. Souvenons-nous en, et refusons ce retour en arrière !!! Je pourrai encore écrire, ici, des tonnes de choses sur toutes les absurdités de notre monde « culturelle et politique », mais, bon… Pour conclure je ferai juste une de mes citations préféré: « LA POLITIQUE EST LA BRANCHE SPECTACLE DE L’INDUSTRIE » Dixit, Franck Zappa. (pas plus vrai ! il avait tout compris, le gars ! ). Pour la « Grève du monde », reste à trouver les formes… But i’m ready !!! Merci infini à ton courage… My fair Lady.

  11. C’est étrange que ce beau témoignage soit signé par Carrefour !!! la perversion de ce système se niche là où on ne l’attend pas…ouais, on se fait baiser même dans sa révolte.

  12. Tu exprime exactement ce que je ressens depuis bien des années. Et cette rage terrible qui prend au ventre, en se demandant POURQUOI on n’agit pas tous ensemble, de manière intelligente pour changer les choses ?! Le monde dans lequel on vit est encore très proche du monde de la royauté. Le modèle libéral est obsolète, notre civilisation est condamné à la mort si on continue sur cette voie, c’est inévitable. Le modèle libéral qui repose sur la compétition, donc qui exclu la majorité. Les inégalités augmentent, la misère, le chômage… Bref. Quand allons nous réagir tous ensemble ? Comment réunir tous le monde ? Il y a une telle colère, un tel potentiel d’énergie explosive, il faut l’utiliser !

    Nous vivons depuis une bonne décennie la révolution du numérique, il faut étendre le principe d’internet au reste de la société, le réseau en étoile, collaboratif, et non hiérarchique et élitiste ! Certains ont commencé avec l’énergie, et il y a des alternative comme le revenu de base inconditionnel, mais les médias n’en parlent pas, et les politiques encore moins. Pourtant ça résoudrait bien des problèmes, si on remplaçait les aides diverses par un revenu de base pour tous. C’est l’émancipation, la fin de l’infantilisation, c’est un nouveau rapport au travail, plus volontaire, plus enrichissant. C’est d’autant plus urgent que tout s’automatise ! Moins de misère, d’inégalités, et surtout c’est pas parce qu’on est chômeur qu’on apporte rien à la société ! C’est pas parce qu’on a pas de salaire qu’on apporte rien ! Faut sortir de l’idéologie du fric, faut arrêter de croire que si on a pas un contrat dans une boite et un salaire alors on vaut rien et qu’on ait des parasites ! Tous le monde a le droit de vivre, la vie ça se mérite pas, c’est une évidence. Aujourd’hui on mesure la valeur des humains sur le fric qu’on apporte aux actionnaires…

    Je recommande à tous le monde de vous renseignez sur le revenu de base. Et d’aller voir les idées de Jeremy Rifkin notamment sur le fait d’étendre le modèle d’internet, de réseau en étoile au reste de la société. Pour une société collaborative.

  13. Mais un métier qui ne permet pas de gagner de l’argent c’est pas un métier mais un hobby… ça fait 10 ans que tu es au chômage (et que la société paye pour ton hobby…)? ben trouve un travail (qui paye!) comme tout ceux qui veulent se sortir de la merde. Tu trouves pas de boulot? c’est un autre problème.

    1. Je ne vais pas m’étaler sur la question dite du ‘chômage structurel de masse’. Moult sociologues et économistes l’expliquent mieux que moi. En gros, y avait le plein emploi jusque dans les années 60 et puis l’évolution du monde (j’oserais dire… libéral) a fait évoluer la société occidentale vers une société avec plus de chômage, puisqu’il y a moins d’emplois que de travailleurs qualifiés notamment. Bref, vous pouvez lire les interviews de Mathieu Grégoire sur le sujet, notamment… Dire donc que les chômeurs sont des gens qui « refusent de se sortir de la merde » comme vous le dites élégamment, est donc une totale absurdité, si je peux me permettre.
      Mais par contre je vais répondre ici à votre affirmation techniquement erronée « la société paye pour ton hobby » et qui m’agace un peu (mais bon, j’aurais du prendre le soin de développer ça davantage dans mon post… merci de me le faire ainsi remarquer).
      Non. Je touche le chômage parce que mes employeurs cotisent pour moi, et que moi-même je cotise, comme tous les employés du privé, à l’UNEDIC. c’est le principe de la solidarité interprofessionnelle. De même que vous et moi cotisons pour la sécu par exemple, qu’on soit malade ou non. Je ne suis pas malade, mes cotisations vont à ceux qui le sont, c’est un système de solidarité.
      j’ajoute que les cotisations patronales (communément appelées « charges »… mais je refuse ce mot fort négatif choisi par le grand patronat) sont particulièrement élevées pour l’embauche de contrats intermittents (un des moyens fort judicieux choisi par le gouvernement le MEDEF pour dissuader les employeurs, sous prétexte d’enrayer les fameux « abus », en se contentant d’éjecter les plus précaires du système de l’assurance chômage et sans jamais déranger les vrais « profiteurs » du système, à savoir en gros: TF1, M6)…
      Ainsi donc pour que vous ne vous inquiétez pas, je vous affirme, comme de nombreuses études l’ont démontré, que ‘la société’, non seulement ne paye pas pour « mon hobby » puisque l’argent provient de cette caisse que nous remplissons tous ensemble. D’ailleurs NB : les cotisations du secteur spécifique des intermittents du spectacle représentent 3,5% des entrées d’argent de l’UNEDIC pour 3,4% des dépenses.
      Mais en vrai, mes hobbies c’est aller à la piscine et jouer au tarot. Et vous?

      1. Excellente réponse, on ne peut pas mieux faire je crois. Très pédagogue, et c’est d’autant plus difficile en ces temps troublés qu’on doit sans cesse répéter les mêmes choses pour démonter les clichés. Et puis, l’appellation « élégante » mais néanmoins insultante de « hobby » c’est un dénie de toutes formes de cultures et d’arts. Et puis cette conception malheureusement trop répandu de « travail » et de « hobby » (ou passion)… Ca parait toujours suspect quand on considère son travail comme également une passion. En fait, un travail doit forcément rapporter de l’argent à des actionnaires, une entreprise ou l’État ? Doit forcément être constant et pénible ? C’est vraiment urgent de changer ce paradigme, c’est d’un autre temps… Tous le monde ou presque apporte quelque chose, et tout ne ce juge pas en quantité d’argent. Les bénévoles, les volontaires, les petits actes de la vie quotidienne, l’éducation des enfants, les gens qui travaillent avec leur passion pour apporter un peu de beauté dans ce monde misérable, qui posent les bonnes questions pour faire réfléchir les gens, pour ouvrir les esprits, tout ça c’est inutile ? C’est pas du travail ? Ça donne beaucoup plus au monde, que de l’argent (récupéré en grande partie par une minorité).
        De plus, tous le monde mérite de vivre correctement, la vie ne se mérite pas. En ce sens un revenu de base serait normal et un vrai bon en avant pour la civilisation.

      2. Salut, j’aime bien l’article et je comprends le malaise exprimé mais je suis pas d’accord avec cette idée de solidarité qu’on met à toute les sauces.

        Les cotisations chômage c’est une assurance, une mutualisation du risque entre tout les salariés. Le problème avec l’intermittence c’est que le risque de chômage est bien plus élevé et, même si les cotisations sont plus importantes, au final le régime est en permanence déficitaire. On voit que si on ajuste les compteurs pour remettre de l’équilibre on menace la production culturelle (au dire des intermittents). On fait donc financer par l’assurance chômage un secteur qui est celui de la culture. L’UNEDIC, administré de façon paritaire (syndicat de salarié et du patronnat ensemble), n’a pas vocation à financer la culture et doit simplement avoir un budget à l’équilibre.

        Perso je suis pour financer la culture de façon collective, pour garantir des moyens à la liberté artistique et pour faciliter l’accès à tous à la production culturelle. Mais c’est un choix de société, un choix démocratique qui n’a rien à voir avec les caisses d’assurance chômage, l’UNEDIC, les partenaires sociaux. C’est à l’impôt de financer la culture avec un budget voté par des députés, légitimé par les électeurs (et d’ailleurs c’est déjà en partie le cas).

        Tu mélanges solidarité, assurance, culture, profit des entreprises. La révolte que tu appelles ne se déclenche pas car elle ne mène nul part, si les intermittents obtiennent de conserver leur mode d’indemnisation c’est au détriment des autres salariés. Les luttes que tu défends n’ont du sens que lorsqu’elles permettent des avancées sociales au bénéfices de tous, ce qui n’est pas le cas.

  14. Le courage se trouve en chacun de nous… et notre société fait tout pour que nous oublions ce pouvoir que nous avons tous sur nos vies et par extension notre société. L’aveuglement que provoque la société de consommation et la distanciation que provoque la virtualisation des relations expliquent pour une part cet apathie dont tu parles et comme toi je le déplore…
    Mais, il ne faut pas pour autant se résigner. Il est nécessaire d’exprimer ses convictions et de faire de ce monde celui que tu aimerais voir naitre. Mais voilà, tout le monde veut de l’immédiateté maintenant. Alors, c’est vrai ce que tu dis « à quoi bon !? » puisqu’il faudra s’engager dans des luttes et se battre plus que quelques jours. Je pense malheureusement que c’est là où notre société est malade. Personne ne veut plus s’engager pour une autre cause que son individualité. Personne ne veut plus donner de sa personne pour la communauté ou pour un idéal qu’il croit juste…. Mais là, moi aussi je dis « merde », il serait temps que tout le monde se réveille pour qu’on vive dans un monde qui soit plus juste pour tout le monde car par nos actions quotidiennes, nous modelons la société dans laquelle nous vivons.

  15. Merci pour ta réponse. J’ai du me faire mal comprendre sur un point, je n’ai pas dit :  » que les chômeurs sont des gens qui « refusent de se sortir de la merde » « . je vais le dire autrement : quand tu ne gagnes pas d’argent en travaillant (ça arrive pour certain artistes, certain auto-entrepreneurs,….) , il faut au bout d’un certain temps chercher un travail qui te paye, sinon c’est normal d’être en galère.

    1. Dans ces cas-là, les trois quarts des artistes arrêtent de faire de l’art, car je pense qu’il y a une extrême minorité d’artiste qui s’en sort convenablement. Je ne te parle pas de l’appauvrissement culturel qui s’en suivrait, car c’est un autre débat…

  16. Voilà le genre d’articles que j’aimerai voir partager dans tous les sens sur les réseaux sociaux. Il est intelligent et très clair. Merci ça fait du bien!

  17. Je ne suis qu’un spectateur, moi… Epuisé de ces bêtises rabâchées sur l’art et les artistes. Ce texte dit si clairement la fatigue, l’exaspération. .. Courage, il y a dans le public des boulimiques de spectacles et d’art, qui tremblent de perdre ce carburant qui alimentent la raison de vivre… Des spectateurs qui soutiennent et qui payent systématiquement même quand c’est offert en remerciement du soutien… Et le medef qui voudrait toujours toujours payer moins (ses impôts ses employés ses fournisseurs ses taxes ses cotisations…).

  18. Bonjour Fair Lady,
    J’ai moi aussi beaucoup aimé ton billet. D’abord parce que tu l’as fait! et puis j’ai bien aimé cette forme que tu as utilisé, en tiroir, une idée en amenant une autre pour dérouler ton propos, comme une bouteille lancée à la mer, laissant transparaître (peut être) un caractère à la fois drôle, plein de sincérité, de recul, mais aussi les bras béants devant autant de connerie…

    Cela dit, même si comme toi et comme beaucoup je partage ton point de vue, il y a une ou deux choses dont je ne suis pas sûre:
    -Tu gagnes 27 cts de l’heure…c’est un problème pour toi, compte tenu de ton métier, de ta passion (moral j’entends, car forcément, techniquement c’est peu)? on dirait que oui…Et moi je pense que ça ne devrait pas l’être, car sinon ça n’a plus de sens.
    -Idem pour les vacances, pas de 5 semaines…ça te dérange qu’on ne tes les donnent pas ou que tu ne puisses pas les prendre?

    Pour essayer de résumer tout le débat que j’aimerais avoir avec toi (cool hein, autour d’un verre…ou d’une bouteille…ou deux…en tous cas pas plus de trois…bon un pack de 6 et c’est tout…de minuit douze à 6h42! quand on trouve qqun pour refaire le monde;)), une question :
    Et si demain je te proposais un 1er rôle à 20 millions d’euros dans un bon gros blockbuster (c’est à dire dans le bon capitalisme écrasant dont on ne veut plus), tu ferais quoi? La réponse va de soi ou pas mais je pense qu’elle est, du coup, très très répondante, si ça se dit, la réponse qu’elle est, pour répondre à pas mal de nos interrogations communes…

    1. 20 millions de dollars? Oh My God! Mais je prends bien sûr ! Et j’arrête le théâtre, cet art croupissant et inutile au pays de mon PIB. A la place je crée un élevage de poney et j’emploie des biologistes pour qu’ils travaillent à les transformer en licornes miniatures. Trop kawaï hi hi!

      1. Bien dit Fair Lady! Les poneys ça m’connait, je viendrais avec toi voir l’évolution de leur corne et créerai une brosse spéciale pour cet endroit là…

  19. Je viens de passer 14 ans au quebec et donc au canada par ricochet et je peut te dire que ce pays que tu a l’air d’un peu denigrer est effectivement un pays capitaliste mais avec une conscience sociale. Et que peut etre dans ce monde de fou dans lequel nous vivons ce n’est pas une si mauvaise chose. Je. Suis en France dpuis 10 ans maintenant ,je peuttedireque pour avancer ici il fautvraiment avoir la foi. Nos gouvernant qu’ils soient de droite ou de gauche ne font strictement rien pour faciliter l’entreprise. Je le sais je viens d’en creer une et crois mois ce n’est pas facile. La France malheureusement favorise plus le fonctionaria et n’encourage absolument pas l’entreprise individuelle creatrice de richesse et donc d’emploi. Ici l’assistana est roi et tant que cela durerat ce pays sera dans la grosse, merde.

      1. Il veut dire par là que tant que certains bénéficient du système de la répartition d’une partie de la richesse nationale, ils peuvent se permettre de ne pas trop chercher un boulot. Vue partiellement biaisée, évidemment, puisque le système français et le système canadien ne sont pas bâtis sur les mêmes principes. Il y a beaucoup plus d’opportunités de travailler et le le niveau de vie est plus haut au Canada, parce qu’on paye moins d’impôts, comme aux Etats-Unis. Les gens changent plus facilement de travail, ont des horaires plus flexibles et peuvent avoir deux ou trois jobs, ce qui leur permet de joindre les deux bouts. Plus difficile de faire ça en France parce que le travail est plus régulé et que les petites / moyennes entreprises payent plus d’impôts. Il faut quand même relativiser le caractère « social » de la France : au cours de l’histoire de France, les partis du peuple ont rarement été au pouvoir, la bureaucratie qui nous dirige a toujours été de constitution bourgeoise et TOUTES les révolutions se sont soldé par le pouvoir remis aux mains des classes possédantes. Les Français doivent « ouvrir leur gueule » parce qu’ils n’ont pas le choix et que leurs droits individuels sont sans cesse violés par l’Etat, alors que les pays outre-Atlantique ont placé ces droits au coeur de leur système juridique : pas d’avantages sociaux, certes, mais un recours en justice plus facile, souvent inutile d’ailleurs, qui rééquilibre le pouvoir (il est possible de gagner un procès contre son patron ou contre l’Etat). Bref, une conception non-jacobine, donc plus régalienne de la société. C’est une question de choix personnel. Pour ma part, je considère que l’injustice et l’inégalité pourrit le système politique et institutionnel français, face auquel tout le monde est résigné. C’est affligeant. Le système est rigide et partisan(cf. événements opposant les taxis à Uber), l’Etat tout puissant. Mademoiselle (je m’adresse à la personne qui a écrit ce blog), c’est à cela que vous vous heurtez. Si vous aimez voyager, pourquoi ne pas aller tenter votre chance ailleurs (sauf si vous avez trop d’attachement pour la France, évidemment) ?

  20. Bon, je crois bien que c’est la première fois que je commente un blog… J’aime bien ta pensée, j’aime bien ton coeur, j’aime bien tes mots, et la façon dont tu réponds. je connais tout ça, aussi… Coeurdialement. François.

  21. Merci pour ton partage émouvant et juste. Un petit partage pour te redonner le sourire car dans le monde de l’art nous sommes nombreux et j’ai envie de te dire t’inquiete pas soeurette t’es pas toute seule ! on appel ça l’émergence des créatifs culturels…. Il ya de beaux mouvements tel que colibris qui permettent de se retrouver entre freres et soeurs, de se sentir moins seul et de s’organiser pour s’autonomiser simplement et concretement… un nouveau monde est en marche mais il est discret de se pose par les actes et peu par le verbe… Le temps du constat est terminé pour ma part. C’est vrais qu’en france on à cette force d’oser dire d’oser se lever, mais cette force s’amenuise pour beaucoup avec toute cette americanisation et cet abrutissement de plus en plus des le plus jeune age… Nous sommes peu mais nous sommes là, bien présent bien conscient de ce qui se trame, de ce que nous voulons et de ce que nous ne voulons pas. Pour ma part l’intermittence je n’y crois pas. J’ai tout juste 22ans mais j’ai déja le sentiment que je n’ai pas envie d’user ni ma santé ni mes précieuses convictions pour lutter contre…. j’ia envie plutot d’aller vers… tu saisi la nuance ? Marre du systeme ? Ok alors créons en un autre ! C’est ça l’art c’est creer ! ne pas attendre des autres ! juste, le faire ! oser faire un pas de coté ! oser déranger ! aller à contre courant ! Un petit clin d’oeil de ce film culte « l’an 01 » si tu ne l’as pas vu : https://www.youtube.com/watch?v=WSEpESmR9qU

    Un petit clin d’oeil d’une playliste que je confectionne depuis 2012 et qui pourras peut etre t’apporter du réconfort dans ce crie de detresse que tu lance à l’univers. Tu es entendu, tu n’es pas seule au plaisir de se rencontrer, de partager de construire de batir le monde d’aujourd’hui en plein coeur de la société déja existante … batdav.musique@gmail.com

  22. 6 chômeurs sur 10 non indemnisés, c’est plutôt un coté positif car i y en a un sur deux qui n’est pas inscrit, considéré comme n’étant plus à la recherche d’emploi car ils ne voient pas l’intérêt de s’inscrire….
    Peut être qu’un jour les gens comprendront que la protection doit être pour tous et que ce n’est pas en cessant de protéger le voisin qu’on arrivera à sauver sa peau, au contraire.

  23. Salut, ça fait un peu plus d’un an que je suis abonnée à ton blog. Tes chroniques sont vivantes, j’aime bien comment tu défends chaleureusement les causes qui te tiennent à cœur.

  24. Merci pour votre article.
    Le système nous a divisé, les fonctionnaires, les ouvriers, les cadres, les autres…aujourd’hui les intermittents et demain???
    Quand est ce qu’on va se donner la main pour foutre un coup de pied, d’abord aux médias et ensuite à tout ce foutu capitalisme dégueulasse…
    bon courage et bonne suite….

  25. Le seul vrai problème c’est qu’on est trop sur terre! Vous vous trompez de problème, si problème il y a. Le capitalisme, liberalisme, communisme, bla-bla-bla, rien est idéologique c’est l’Homme avec un grand H qui est comme ça, c’est dans sa nature même de consommer, de partager, d’échanger, refuser ça c’est refuser que le temps avance et vouloir rester à l’âge de pierre, ce qui n’est pas une nécéssité. Et on as beau se plaindre on aura jamais le dernier mot, le monde ne nous appartient pas à nous mouton de panurge, on peut vouloir être un lion solitaire maitre de son destin mais plusieurs lions ne peuvent pas vivre ensemble, alors soyons des moutons bien sagent et arrêtons d’brailler, celui qui à compris le monde se résoudra. Les moutons vivent heureux jusqu’a ce qu’un Loup viennent les faire sortir de leur bergerie!

    1. Je suis un vieux retraité ouvrier syndicaliste, je viens tout juste de vous lire, c’est parfait, j’aurais voulu écrire ça !
      J’aime tout et il y a beaucoup, sauf peut-être ce passage :  » devant la connasse de la rue des Petites Ecuries « . Si elle avait votre talent et votre intelligence, la dame de la rue des Petites Ecuries pourrait faire aussi un beau texte qui parlerait de ses difficultés et de ses frustrations professionnelles. C’est peut-être une connasse cette dame mais ce n’est pas ça qui est important.

    2. Le loup est belle et bien là devant la bergerie, c’est le 1% de « possédant » qui se partage le monde. L’offensive secrète du Grand Marché Transatlantique fait partie de leurs dernières manches pour privatiser ce qu’il reste de biens communs. Que les moutons deviennent tous citoyens de monde et se mettent en marche… Il existe déjà une carte d’identité « citoyen du monde » numérisée et hyper protégée. Renseignez-vous.
      Fanche

  26. Chères My Fair Lady,
    Pourquoi ne donnerais-tu pas une bonne leçon à tous ces français, en arrêtant tes activités artistiques et en prenant un job ennuyant et répétitif mais payé avec congés (payées également !!) comme nous sommes nombreux à le faire en France, pour qu’ils réalisent les enjeux du débat actuel et organisent eux-mêmes une grève générale du pays (ce sera déjà pas mal) pour que le gouvernement crée des mesures plus favorables aux intermittents du spectacle (devant une telle mobilisation, aucun doute qu’ils céderont) ?
    Les gens sont égoïstes, et, pardon pour le plagia d’un autre post, l’homme avec un grand H est comme ça. Etant peu nombreux, vous ne serez jamais entendus au niveau de ce que vous espérez. A te lire, tu agis pour une cause à laquelle tu crois dure comme fer. Sacrifie donc un peu de ta passion au nom de la cause (un peu seulement car rien ne t’empêchera de continuer en parallèle pas mal d’activités), les autres en profiteront, toi aussi à plus long termes le temps que ça se fasse, et tous les français également puisqu’ils auront accès pendant très longtemps (ces « gros cons » du MEDEF ne pourront pas remettre le sujet sur la table avant un bout de temps) à une culture diverse et sans limites.
    De cette façon, tu, et ceux qui te suivront, ne t’attireras pas les foudres de tes compatriotes, tu alerteras de façon constructive les masses sur un sujet qui te tiens à cœur, et des évolutions pérennes seront mises en place.
    A moins que le débat et les mesures proposées ne soit un tantinet fondés et ne justifient pas un tel esclandre, mais ça c’est une autre histoire …

  27. Bravo pour ce témoignage, inscrivons nous sur la liste de « citoyens du monde », c’est un préalable à la grande grève mondiale.
    Fanche

  28. Et que celui qui pense, danse !

    Un vent de révolte souffle sur notre vieille France. Hiya! Le réveil des consciences est en marche.
    On ne veut pas de cet accord signé le 22 mars, qui, en un mot, précarise les plus précaires ; on ne veut pas d’une France qui cherche à rattraper la machine infernale de l’ultra libéralisme et oublie ses valeurs sociales.
    La France n’est pas un pays de « privilégiés », elle est un pays de penseurs et de résistants. Voilà pourquoi, en France, nous avons des droits sociaux qui participent à une certaine notion d’ « égalité » et de « fraternité ».
    Aujourd’hui différents corps de métiers se mettent en grève : parce que le conseil des Prud’hommes est attaqué, parce que le service public est attaqué, parce que nos acquis sociaux sont attaqués. Pour faire réagir le gouvernement on ne trouve que ce mode d’action : la grève. La grève qui paralyse l’économie, la France.
    Il ne faut cependant pas oublier que les grévistes sont les premiers paralysés ! (ils ne touchent pas de salaires, ils s’endettent, ils ne jouent plus même si leur art est leur raison d’être…) Ce n’est pas drôle de faire grève. Mais cet acte désespéré et résistant est beau. Heureusement qu’il y a eu, en France, des résistants ! Le problème c’est que depuis plus d’un demi siècle « l’envahisseur » sévit de manière bien pernicieuse…
    Comment réveiller les consciences ? La grève est malheureusement mal perçue par le peuple … « ils nous font chier », « ils nous empêchent de… », « on a payé pour… »
    Or pour faire pencher le gouvernement il faut être nombreux et il faut se rassembler. Aujourd’hui on commence à prendre conscience et à lutter, ensemble. Pas seulement pour nos acquis dans nos corps de métiers respectifs ! Non !
    Nous sommes mobilisés pour freiner la course au capitalisme mondial, le traité transatlantique, l’ultra libéralisme forcené, la déshumanisation organisée…
    Mais ça le peuple ne le perçoit pas. Le peuple perçoit ce que les médias lui servent : « il y a des grévistes qui font chier pour garder leurs privilèges ».
    Mais ce n’est pas nouveau ! Les médias de masse, relais du gouvernement, font tout pour diviser ce peuple.
    La politique (au sens vrai du terme : la vie de la cité), n’existe plus car nous sommes divisés.

    « La politique est la dimension de la vie sociale où les choses deviennent vraies quand ceux qui y croient sont assez nombreux. » David Graeber

    Il faut donc se rassembler et parler au peuple !

    Il y a une marche de résistants, en ce moment même en France. Ils ne sont pas beaucoup mais ils sont très mobilisés. Ils font grève, ils ne travaillent pas ET ils marchent. Ils prennent le temps de penser, s’arrêtent dans les villages et rencontrent le peuple (l’altermondialiste retiré dans son village comme le lepéniste isolé et souffrant dans sa chaumière…).

    C’est l’heure de l’aventure de la vitesse, où nos emplois du temps sont surchargés et où tout est fait pour nous empêcher de penser (on travaille beaucoup car c’est la crise et il ne faut surtout pas s’arrêter en temps de crise ! Et si on a 1 semaine de vacances on prend un low coast et on part loin, et sûrement pas pour penser !).
    Or, la marche permet de se retrouver en tant qu’être humain (conscience sur 2 pattes). Et je pense que ça fait peur au gouvernement. Un groupe de missionnaires qui contaminent la pensée révolutionnaire dans les villes et les villages. Des résistants qui marchent et qui ONT LE TEMPS de construire une pensée forte et déterminée. Des penseurs/marcheurs en révolte, qui ont autre chose à proposer, et s’ils ne sont pas écoutés par le gouvernement, ils le sont par le peuple.
    Et le peuple, c’est nous !

    Oui, des gens qui pensent, ça fait peur.

    J’adjoins donc tous les citoyens à suivre cette marche. Elle s’effectue derrière la liberté guidant le peuple. Ce n’est pas une peinture de Delacroix, c’est une femme de 4m de haut, faite de ferraille, de papier mâché et de foi.

    Peut-être qu’il faut attendre encore 2 ans pour que le peuple se mette en marche, peut-être qu’il faut attendre de rejoindre la situation de nos frères les Grecs, peut-être qu’il faut que le système s’arrête vraiment avant de nous arrêter de nous même…
    Je n’espère pas…
    Que ceux qui ont conscience, ceux qui font grève, ceux qui luttent, ceux qui cherchent les moyens d’actions, ceux qui cherchent les formes de résistance, ceux qui pensent, aujourd’hui se rassemblent, dans la rue, pour construire et contaminer notre pensée(qui est un beau virus!).

    C’est un appel au peuple.

    Organisons-nous !

    Je rejoins la marche le 20 juillet à Lyon, je peux prendre ma voiture pour faire un relais de sacs, de tentes et de marcheurs fatigués, il y a déjà un camion sur place, organisons-nous !

    Regardez où ils en sont : https://www.facebook.com/pages/La-marche-de-Manon/143751295815769?fref=ts

    ou

    http://www.lamarchedemanon.com

     » On a beau dire « dansons », on est pas bien gai. On a beau dire « quel malheur la mort », il aurait fallu vivre pour avoir quelque chose à perdre. »
    Gilles Deleuze –

    Alors Marchons ! Vivons ! Soyons gai et dansons !

    Marie*

  29. Bravo pour cet article. Même si de mon côté, j’apprécie le consensus québécois, il y a des limites. Et pour les défendre, ils savent aussi dire non et parfois de belles façons. Cf. la grève des casseroles menée par les étudiants à Montréal…

  30. La prochaine révolte sera numérique. Un big bang planétaire orchestré par des rebus hyper doués calés derrière leur écran.

  31. Peut-on encore parler de lutte des classes ? Pourquoi revenir à une idéologie qui n’a pas su se montrer à la hauteur de l’espoir qu’elle avait fait naître, écrasée par un système économique et financier dominant ? Pourquoi opposer des classes plutôt que de risquer une solidarité sociale, économique, culturelle, politique, etc. qui intègrerait l’idée que tous les individus essayent de vivrent ensemble en faisant évoluer le « contrat social » dans l’intérêt de tous et de chacun ?
    Être révolté, oui!
    Et pourquoi pas être utopiste et optimiste ?

  32. Allez, je me lance aussi. Le problème pour ce faire comprendre des autres est peut être de commencer par les respecter. On ne peux pas discuter, lorsque le préalable est l’insulte. Qui sont les connards? Moi? (Je suis chef d’entreprise, non adhérent au MEDEF, mais comme le raccourci est souvent fait, je me sens facilement insulté)
    Qui sont les conservateurs? Qui sont les progressistes? Est ce que vouloir absolument conserver les acquis est réellement la solution?
    J’aime bien le dernier post: soyons utopiste et optimiste… Peux être que le vrai progrès c’est imaginer de nouvelles solutions pour le statut d’intermittent.
    Je pense que l’on ne peux pas progresser par l’opposition systématique – la plus part du temps stérile.
    J’ai récemment assister à un atelier de créativité, quand on laisse faire l’imagination on produit des résultats surprenant.
    Permettez moi de partager une pensée d’Oscar Wilde « Les Folies sont les seules choses que l’on ne regrette jamais »

  33. Ok, mais alors et le droit des photographes a vivre de leurs photos ? Vous parlez de votre remuneration mais le photographe qui a pris le panda devant les policiers, devant le siege social de Loto Quebec à Montréal? A t’il ete remunere ou questionne pour que sa photo soit sur votre site? Tout comme roman ou un essai, une photo a des droits d’auteur. Le web n’est pas un librec seevice ou on se sert des oeuvres des autres.

    1. Bonjour Joël. Oh alors là, je suis vraiment désolée. J’avoue avoir trouvé la photo au gré d’errances sur internet sans avoir plus d’info du tout… Je citerai bien sûr le nom du photographe si vous me le dites (est-ce vous?) ou j’enlèverai la photo si cela gène le moins du monde. Je ne sais même pas quelle est la source première en fait, mais je suis bien sûr d’accord avec vous, et j’essaie de le faire quand je peux.

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