« De quoi va-t-on parler maintenant ? »

 » Je ne veux plus parler d’économie parce qu’il ne s’agit pas d’une crise économique ».
 » Ce n’est pas une crise. C’est une nouvelle ère. »
 » Peut-être ça permettra de changer la nature de nos rêves ».
 » Il faut que l’opposition devienne résistance pour ne pas devenir folklorique ».
 » Il faut agir pour ne pas que réalisme devienne synonyme de cynisme.
– Dès que tu dis ‘réalisme’ tu as déjà cessé d’être révolutionnaire ! ».
« Quand j’ai raconté aux Etats-Unis qu’on était un pays de 11 millions d’habitants, personne ne voulait me croire ! Ils ne comprenaient pas comment un pays peuplé comme la moitié de NY, comment une pareille petite crotte, pouvait faire la une de leurs journaux depuis 15 jours !..».
 » Et depuis la France, il se dit quoi sur nous ? « .

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Comme d’hab, ça fait 6 mois que je n’arrive pas à écrire et vous pleurez que personne ne vous explique plus avec cynisme et raccourcis les ressorts de l’état du Monde? Mais cette fois non, pas de causticité en vue et pour cause: je suis amoureuse.

Ca m’est tombée dessus un peu comme ça, cliché total, genre la soirée où tu voulais pas aller, enfin si, mais la flemme, ta pote qui te traine, tu fais un chignon de tes cheveux gras, tu dis un verre et je rentre, je me lève tôt en plus…
Et puis t’arrives et tu le sais très vite, tu sais reconnaître cet état parce que t’as vu toute la filmo de Jennifer Aniston et que t’as beau te la jouer passionaria de la linguistique marxiste, en vrai, t’es aussi (surtout) une putain de midinette qui bafouille et se trifouille les cheveux.
En quelques minutes tu sais reconnaitre tes symptômes. Tu souris, tu n’oses plus cligner des yeux, t’as le vertige, y a une bande de Umpa-lumpas qui dansent dans ton bide, t’as rien à dire mais 12 000 questions à poser, que t’es incapable de formuler, alors y a des blancs vertigineux dans la discussion, et ça t’angoisse mais à la fois tu trouves que ce silence est tellement profond  et –  Non, ça c’est pas vrai: y avait pas de silence. Y avait des klaxons et des gyrophares, ambiance Miami Vice. C
a s’est passé très vite, mais pour être honnête, je dirai pas que c’était un coup de foudre.
Il est pas du genre coup de foudre.

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Il est sombre. Il a les yeux cernés. Il est mystérieux. Secret. Mais pour de vrai hein!
Pas comme un hipster de Montmartre dont le principal secret c’est le temps qu’il met chaque matin à tailler sa barbe avec une serpe vintage.
Lui il est secret en profondeur. Dense.
Et pourtant il est souriant, ouvert. Il frime pas. Au contraire: faut lui demander pour qu’il raconte quoi que ce soit. Il est bruyant aussi. Il roule trop vite et tourne sans prévenir. Il mange à n’importe quelle heure et il sert le café en laissant le marc au fond. Il est dans une sale période.
A tel point que ma soeur s’était inquiétée, faudrait peut-être mieux pas trop que je m’approche ? Et puis d’autres copains me disaient que si, c’était le moment justement, lui filer un coup de main, l’écouter au moins, ne pas laisser un pote de pote en galère. Certains copains un peu radicaux me l’ont même carrément vendu. Limite j’avais tout d’un coup une mission à remplir, de solidarité, de valeurs.
Et puis Chloé m’a dit : « Viens, on y va, pour voir autrement que par le prisme des media d’ici ». On a pris des billets (j’ai pris sur moi pour ne pas penser au 9 000 litres de carburants cramés dans le trajet).
Et paf, je suis tombée amoureuse d’Athènes.

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(ouais, je sais, sûrement qu’Athènes c’est un mot féminin, rapport à Athéna, tout ça, mais moi je trouve que c’est une ville-mec, point, c’est mon blog, je fais ce que je veux).

Bon, après cette interminable métaphore filée, faudrait que je vous argumente un peu le pourquoi de mon amour. Mais par définition, on comprend jamais vraiment les couples des autres. On trouve 9 fois sur 10 que mis ensemble, les deux deviennent un peu chiants et gros, ou qu’ils sont tellement assortis qu’ils disparaissent dans un entre-soi centriste, et on se dit que ça doit être la peur qui les fait rester ensemble, ou le sexe, dans le meilleur des cas. (ah non, c’est bon, il me restait une dosette de cynisme en réserve, on est sauvé!).

Donc, Athènes. La démocratie, les cours de grec ancien, le Parthénon, la fêta, tout ça. La ville où tout le monde va… et repart au bout de 3 heures en ferry pour raconter ensuite que la Grèce, ses îles, ses plages, ses lagons, ses ruines de temples, sa fêta, blabla…

Donc nous, comme on n’aime pas les vacances, qu’on préfère les énormes avenues, la pollution et les meetings politiques aux conneries de vues de cartes postales, on est restées dans la capitale.
Nos photos de voyage (pas vacances hein, entendons-nous: voyage car derrière chaque déplacement, il nous faut un projet, on est des artistes et des free-lance, nous môsieur) montrent donc des flopées de drapeaux, de gauchistes barbus (le grec est barbu)(mais toujours pas hispter, non non, n’insistez pas), de graf à message politique, des faces de journalistes du monde entier commentant des élections dont la population, elle, se fout. Comme photos de vestiges historiques, on a l’ancien aéroport et le parc olympique. Pas celui d’il y a 2000 ans, en marbre rutilant, non: les terrains vagues et les bâtiments abandonnés des JO de 2004. Ceux qui ont précédé de trois fois rien de temps le début de l’écroulement économique du pays (hasard et coïncidence, c’est foufou l’économie!). Des dizaines (centaines? milliers?) d’hectares en bord de mer ne servant plus à rien.
Et l’aéroport international délaissé du jour au lendemain où tout est toujours intact.

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Comme si les humains s’étaient évaporés en laissant tout en plan.
Les fausses plantes vertes, les multiprises, le magazine du jour ouvert sur le bureau du secrétaire.
On a construit mieux, plus moderne, plus conforme aux soudains standards de l’Union, et on s’est dit qu’on s’occuperait plus tard de nettoyer. Sauf que plus tard, bah, on n’a plu pu…
Dans le même genre, il y a le rutilant, gigantesque bâtiment des gardes-côtes. Tout neuf, tout fier, construit avec l’aide généreuse des BTP franco-allemands. A l’intérieur, ma main à couper que tout est made in Germany. Tout conforme aux normes UE. A côté, l’ancien immeuble, qui rouille.
Partout il y a ça: des travaux qui se sont arrêtés et la végétation qui bouffe du béton qui n’avait pas fini de sécher. Des vestiges d’une lointaine grandeur passée: les années 90.

« Mais faut que tu comprennes que tout était fait pour qu’on emprunte. Tout le temps. Quand j’ai voulu demander 5000€ pour lancer ma boîte, la banque a insisté pour m’en passer 30! J’ai du me battre pour refuser. Il y a dix ans, moi j’avais même pas de carte bleue. Je me faisais payer chaque soir en liquide, c’était concret, dans mon placard. Mais soudain, si tu voulais acheter quelque chose, t’étais forcé d’emprunter, même si tu avais l’argent sur toi, non, on te demandait d’emprunter et de rembourser. Maintenant j’ai 3 cartes Visa dont j’ai pas besoin. Des sociétés de n’importe quoi se sont créées d’un coup. A Athènes, à un moment, il y avait 200 entreprises qui faisaient du ‘Branding’ par exemple.  Qui a besoin de 200 boîtes de branding?! Et c’est quoi d’abord du branding ?? »

« Les entreprises se sont mis à croître à une vitesse de drogués. Comme un gamin qui passerait de 3 à 20 ans en quelques semaines. Evidemment qu’après , la chute viendrait et ne pourrait qu’être aussi violente que n’avait été la montée. Et Syriza a connu une ascension sur le même modèle. Comme si chez vous le NPA passait de 3% à gouverner la nation en six mois… Sans doute on le savait que ça s’écroulerait. Mais je crois c’est dans la nature de l’Homme de ne pas vouloir  admettre sa propre fin. Chaque matin on se lève et on attaque sa journée sans vouloir vraiment croire qu’on va mourir. On le sait. Mais ça reste abstrait ».

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Le premier que je cite, c’est un comédien. Le deuxième, un avocat d’affaires (un avocat d’affaires votant extrême-gauche… n’est-ce pas un pays merveilleux?!).
Je pourrais vous en faire des pages et des pages, de retranscriptions des entretiens qui ont jalonné notre séjour. C’est sans doute un des premiers points qui a fait chavirer mon coeur: en Grèce, on parle politique tout le temps, partout. Mon paradis sur terre!
Moi qui ai l’impression d’emmerder 90% de mes proches avec mes scandales et mes révoltes et mes lectures. Et que même ceux qui s’intéressent au sujet finissent par regarder discrètement leurs portables quand je leur raconte en temps réel la lecture de cet incroyable essai sur l’assassinat financier de la Somalie par Kissinger – non mais tu savais que…

A Athènes, non. Même déçus (euphémisme), même interloqués, même brisés, même résignés, même ayant perdu la foi, même dégoutés, même refusant d’aller voter, la politique reste un sujet de discussion sans fin. Comme nous disait Angelos (l’avocat) « ici, à la table du café, tout le monde est premier ministre!« . (Chez nous, tout le monde est capitaine de l’équipe de France de foot, j’ai pensé).
Et ce n’est pas le café du commerce. On dit pas ‘tous des salauds, tous des pourris, remets-moi un p’tit jaune Marcel‘.
La politique c’est pas un truc lointain et abstrait.
C’est la vie de tout le monde, tout les jours, les immeubles laissés à l’abandon, les 10.000 profs manquants au jour de la rentrée des classes, les hôpitaux publics insalubres.
Les camés à Omonia square qui se piquent en pleine rue et en plein aprem.
Les anars d’Exerhia qui certains soirs crament des poubelles, mais les flics ne pénètrent pas dans le quartier, jamais, persona non grata. Alors ils restent en brigade à regarder, du bout de la rue. Et selon une équation mystérieuse pour un étranger, rien de dégénère jamais.
Les SDF qui n’existaient pas il y a dix ans
(qui n’existaient pas! Quelqu’un nous a raconté ça: que la première fois qu’il était venu en France, à la fin des années 80, en voyant un clochard dormir sur une bouche d’égout, il a appelé en catastrophe la police pour demander de l’aide. Les flics se sont foutu de lui. Il n’a pas compris).

Depuis le référendum de juillet, les anciens camarades qui militaient ensemble s’engueulent. Y a ceux qui considèrent Tsipras comme un traitre, un faible, voire ‘un politique conservateur comme les autres, qui peut-être avait tout prévu et ne voulait rien d’autre que ce qu’il a finalement signé’. Il y a ceux qui restent fidèles, ‘parce qu’il lui reste une marge tout de même pour une politique de gauche. Et parce que, viser très haut et ne pas atteindre la cible, n’obtenir que plus petit, ce n’est pas trahir, c’est essayer !’
« Arrête, ne relance pas le débat, on ne tombera pas d’accord! ».
« Vous voyez, c’est ça qui est triste: comme ça a séparé les familles et les amis, toutes ces élections des derniers mois. »

Dimitra et Yannis soupirent, grignotent un falafel et puis ils se remettent à s’engueuler à propos de Syriza, en grec, oubliant qu’on est là et qu’on ne comprend pas. Camarades pour toujours.

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Bon, je sens que je vous le vends un peu sordide, mon nouvel amour. Ce n’est pas le cas. Bien au contraire. Attendez voir!

Il y a quelques années, les gens étaient crispés, de peur de perdre le peu qu’ils avaient. On n’a plus rien, c’est presque plus tranquille‘.

Vu d’ici, j’imaginais Athènes comme une suite de magasins fermés, de rues désertes, la peur, le découragement.
Certes, il y a des magasins fermés (moult) et des bâtiments à l’abandon, je vous l’ai dit, et je ne vais pas faire l’éloge esthétique de la ruine financière. Evidemment pas. Je ne cherche pas à vanter la décroissance forcée quand elle réduit les plus vieux et les plus faibles à vendre des paquets de kleenex dans les rues pour survivre.
Si vous avez déjà lu deux lignes et demi de ce blog, vous vous doutez bien de ce que je pense de l’Europe et du sacrifice pur et simple qui a été fait de la Grèce. D’un sacrifice méticuleusement organisé, du rôle de Goldman Sachs, des documents signés en toute connaissance des conséquences par les banques françaises et allemandes et toutes les institutions de la Troïka. Hein vous le savez comme moi, bande de sales gauchistes de lecteurs que vous êtes ?! (J’aurais bien un lecteur pour me commenter que la Grèce était corrompue ou je-ne-sais-quoi? Certes. Mais ce post étant avant tout une déclaration d’amour, je suis trop romantique pour le noyer de chiffres).

Donc, non, Athènes est tout sauf endormie, crispée ou apeurée. Et je vous jure que c’est ça la vraie claque. La sinistrose ne se matérialise pas comme en France, en ayant peur de l’autre, de son voisin et de l’étranger.

J’ai appris un mot pendant ce séjour. Un mot avec un sens tellement important que j’ai pas compris comment j’avais vécu 30 piges sans l’employer. Comment j’avais pu écrire des bouquins sans buter sur ce vide et me dire: ben, enfin! Doit bien y avoir un mot pour dire ça non??!! c’est le mot PHILOXENIE. (Que d’ailleurs mon correcteur d’orthographe ne connait pas non plus. Il me le souligne et me propose à la place ‘Phylloxéra’ « espèce d’insectes homoptères de la famille des Phylloxeridae : sorte de puceron ravageur de la vigne ». non, merci mec).
Les hellénistes auront traduit d’eux-mêmes. Philo = qui aime. « Xenos’ = les étrangers.
En somme, donc: le contraire de Xénophobe.

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C’est pas dingue ça? Vous l’entendez souvent employé dans les media vous? Vous le dites souvent de quelqu’un? vous entendez beaucoup d’hommes politiques revendiquer leur Philoxénie? (non, à la place on nous refourgue la sacro-saint et vidé de son sens ‘humain’ ou ‘humaniste’…)(tenez, j’avais fait un petit post linguistique-en-colère sur le sujet un jour)

Les grecs accueillent. Autre raison évidente de mon amour. (Je vais passer sur le sujet des réfugiés pour aujourd’hui, ça nous emmènerait trop loin, trop de récits entendus qui méritent que je prenne le soin de bien les retranscrire). Mais vraiment, punaise, les gens accueillent si bien que je me demande toujours ce qui ne tourne pas rond chez nous pour qu’on se traite comme ça les uns les autres.

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Et puis il y a le café frappé.

Et pour déguster le café frappé, il a le café. L’endroit je veux dire.
C’est là que mon coeur s’est mis à se fendiller de sa carapace de travail / enquête / interview / comprendre-la-crise-économico-sociale-en-9-jours-sur-place. En regardant les terrasses de café.
Athènes qu’on nous raconte ruiné et au bord du gouffre, prêt à des émeutes de la faim et de désespoir, et limite ça pourrait être sanglant quand on lit les journaux. (Si si, je vous jure, allez lire ce petit article de Courrier International  sidérant sur les ‘touristes résistants aux crises’, qui bravent le ‘danger’ en Tunisie, au Népal ou en Grèce, guidés par  “L’intrépidité, la fainéantise et un système développé d’assurances.”!) 
Tout le centre d’Athènes est pourtant rempli de terrasses bondées. Sûrement qu’on n’a plus d’argent. Mais on ne s’enferme pas chez soi pour autant, au contraire. On reste des heures dehors, devant un verre de café frappé vide, en groupe, à parler. Et (ô bonheur particulier quand on vient de Paris!), le serveur ne demande pas avec insistance toutes les 20 minutes si on désire boire autre chose. Ni ne nous vire de la table à 10h40 du matin parce que c’est l’heure de dresser les tables pour déjeuner.
La vie sociale, la vraie politique, se passe, là, dehors, ensemble. (Et sans être forcé de consommer).

Je suis tombée amoureuse d’autres villes pour moins que ça.

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Ah si! Encore un truc!
Où d’autre? A part au café? Où se retrouve-t-on? Quel autre endroit public est plein, sans discontinuer, toute l’année, à Athènes, même pendant les années les plus sombres?
Vous n’allez pas me croire, je le vois d’avance. Vous allez penser que j’exagère, que je prêche pour ma paroisse, que c’est mon romantisme qui s’exprime…
Mais je vous jure que je tiens mon info de 10 sources différentes au moins.

Les théâtres.

Les cinémas sont assez durement désertés. Mais pas les théâtres. Il y en a plus à Athènes qu’à Londres, d’ailleurs, parait-il. Evidemment, des petits lieux pas connus peuvent galérer, toutes les salles ne sont pas pleines à 100% chaque soir, n’exagérez pas. Mais globalement oui: même au pire de la crise, alors que les magasins ferment, que les gens perdent leurs jobs et s’inquiètent et comptent, à aucun moment ils ne sacrifient de payer une place de théâtre, au contraire.
Toutes les subventions publiques ont évidemment disparu depuis longtemps. Rares sont les lieux qui peuvent payer leurs artistes et leurs techniciens à un salaire permettant de vivre – mais ils s’y emploient tous d’arrache-pied. Et le public est là.

De même qu’Athènes pullule de librairie qui pullulent de clients.
De même qu’à la dernière Nuit de la philosophie (une nuit blanche de conférences dans un auditorium), il y avait 3.500 personnes. 3.500 quoi!

Mais pourquoi? Comment vous l’expliquez? J’ai demandé avec espoir à Mariana Calbari, directrice du théâtre d’Art.
J’ai demandé ça avec un peu envie de pleurer même en vrai.
Quand je vois ici qu’on accuse le théâtre d’être un art bourgeois, élitiste, pour initiés. Quand je vois certains maires venir imposer aux programmateurs un peu audacieux de faire davantage de ‘divertissement’ au nom du ‘public’. Quand je vois la frilosité des programmations. Quand je vois l’embourgeoisement des metteurs en scène.
Et quand je vois des créateurs géniaux qui se battent pour des idées et des convictions qui me semblent cruciales, se faire virer et destituer et trahir du jour au lendemain.
Et parfois je me dis que je suis folle à lier ou complètement coupée de la réalité du monde, à rester convaincue qu’il y a quelque chose de fondamental et d’ancestral et de vital dans cet art-là…

Pourquoi les théâtres sont pleins à Athènes, quand les places coûtent pourtant 10 /12 €, c’est-à-dire un prix pas donné donné ?

‘Parce qu’on a besoin de se réunir. De vivre ensemble quelque chose de réel. Les dernières années, le théâtre était l’endroit pour comprendre et débattre ensemble ce qu’on traversait. Maintenant, les gens n’en peuvent plus de parler de la crise. On s’est tous pris la claque. Il faut réinventer. Aujourd’hui le public a soif de ce qui reste intact : la mémoire, la beauté, l’amour, la justice. Ce qui fait la vie. Ce qui préserve l’espoir. ‘ 

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Voilà.
Alors oui, c’est sûr, c’est pas l’amant le plus léger du monde. C’est pas l’amour de vacances ambiance on boit du rosé, on pense à rien et tu me fais croire que tu connais le nom des constellations pour me lécher l’oreille.
Le mien il a 2.500 ans d’Histoire derrière lui, des cernes sous les yeux, c’est un très mauvais parti pour mes parents (ils auraient encore préféré Chypre à la limite) et pour l’instant je sais à peine lire son alphabet.
Mais comme dit ma copine Solenn en citant les Forbans sans le savoir : ‘Parle à mon coeur, ma tête est malade’.

Merde, Chloé doit avoir raison : c’est la sérotonine qui écrit à travers moi. Bon, ne faites pas gaffe. Je devrais retomber à un taux de normale morosité française sous peu.

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6 réflexions sur “« De quoi va-t-on parler maintenant ? »

  1. Cet amour fait plaisir à voir ! T’es pas jalouse hein ? Tu partages ?
    Sans déconner ça fait plaisir d’entendre parler de la Grèce en ces termes ailleurs que sur mediapart (et ils sont plus discrets dans leurs paroles !)
    Et c’est fou comme la culture réapparait dès que l’argent disparait !

  2. Ca fait un an, mais cet article je m’en souvenais si fort… Je suis allée voir Aube dorée, une affaire personnelle (de la journaliste Angalique Kourounis), c’est l’autre versant de ton article, c’est l’impunité d’un parti sale, d’un sale parti. Tu en avais vu les traces, aussi?

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