« Nan! T’as pas VRAIMENT arrêté la politique?!! »

« Bonjour à tous. Voilà je m’appelle My Fair Lady et ça fait aujourd’hui 4 mois – oui oui QUATRE – que je suis… que je suis… sobre.

-BONJOOUUUR MY FAIR LADY

« Il y a des jours plus durs que d’autres, des tentations, partout, tout le temps, quelques fois j’ai été vraiment… border. Parfois j’ai eu quelques secondes de quasi-rechute mais dans l’ensemble oui oui je crois pouvoir le dire (ouh! je tremble!)…

-Vas-y My Fair! Sois fière! Assume-le!!

« Eh bien et voilà: depuis quatre mois je… j’ai… arrêté… la politique.

– Oh! Waouh! Sérieux? Nan!! Punaaaise!

Et autres hochements de tête admiratifs sont ici les bienvenus.

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 Bon. Que je vous avoue le problème qui m’empêche depuis des semaines d’écrire ce post (je comptais tenir un journal de ma détox au départ) : j’hésite à raconter comment j’en suis arrivée là. Un peu par peur de vous déprimer. (novembre, toussa). Par peur de la rechute surtout.

Parce qu’évidemment, ceux qui ont déjà parcouru quelques lignes de ce blog (ou m’ont croisée plus d’1 min 20 dans la vie), peuvent s’imaginer que ce ne fut pas FACILE. Et qu’il a fallu que j’atteigne certains hum… certains points de non-retours, certaines, hum, blessures, pour en venir à évincer de ma vie ce qui – n’ayons pas peur d’exagérer un peu- en constituait un des piliers.
La politique est à la fois centrale à mon boulot (et mon boulot assez central à ma vie) dans les thèmes sur lesquels je planche / dans le choix des gens avec qui je bosse / dans ce sur quoi j’enquête et qui me donne l’énergie de continuer à faire un job aussi dur et ingrat et bizarre qu’autrice.
Dans ma vie quotidienne et depuis des années, lire, décrypter, comprendre la politique et surtout: en parler! était un de mes passe-temps préférés. Jusqu’à traverser des périodes particulièrement riches (certains de mes proches diraient: relous) où toute discussion n’abordant PAS la politique me semblait superficielle et vaine. (Aujourd’hui détoxiquée, je vois comme c’était fou – voire prétentieux).

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Ces derniers jours, j’entends des potes prononcer ingénument des phrases tout à fait aberrantes. Des phrases qui auraient semblé d’hyper bonnes blagues il y a peu. C’est beau la faculté d’adaptation de l’Homme au pire. « Nan mais même si tu fais plus de politique, rassure-moi: tu vas tout de même aller voter aux primaires de la droite hein ?! »
« Fillon franchement je trouve ça va »
« Mais non le mec du Klukluxklan il sera pas ministre de l’intérieur ! Juste conseiller à la Maison Blanche. »
« C’est ceux comme toi qui refusent le système qui font gagner le système ! ».
Gnnn ?

Oui, vraiment, l’actualité récente me démontre s’il en était besoin (il n’en était pas besoin) à quel point ma décision estivale est sage et même salutaire pour ma santé cardiaque.
J’ai relu mon dernier post avant de commencer celui-ci. Et survolé celui d’avant. Ca confirme. Je ne vais même pas dire que ‘le ver était dans la pomme’. Franchement, il ne restait déjà qu’un vague trognon rongé qui ne pouvait plus rien face aux forces adversaires (aka: le capitalisme / le patriarcat / les cons)

(photo: Dina Goldstein)
(photo: Dina Goldstein)

J’aimerais que vous ne pensiez pas que j’ai jeté l’éponge, abandonné lâchement le navire. Alors ok, je vais vous raconter comment j’en suis arrivée là. En abrégé.

Je passe sur les années de colère à bosser jour et nuit en faisant des recherches sur tous les trusts, les lobbies, les guerres et les hérésies économiques à peine imaginables (environ toute l’historique de ce blog en témoigne). Ca c’est le terreau de base. Mais pour être honnête, je crois que le vrillage a commencé après Charlie Hebdo.
On résume: j’étais partie en Inde, poursuivre mes recherches (2 ans sur le sujet quand même) sur les religions et les rites dans le monde. J’ai quitté Pondychery le 7 janvier au matin, pleine de paix, d’amour, de tolérance ravie de retrouver mon pays, ses plateaux de fromage, son absence de système de castes et sa laïcité. Arriva ce qu’on sait.
(J’ai un sens du timing vertigineux).
J’ai passé les mois suivants enfermée à écrire sur ces événements et à prêcher / implorer les gens de se préoccuper davantage de cette loi qu’on appelait pernicieusement ‘Loi sur le travail le dimanche’ pour la minimiser mais qui allait impacter en vérité 1000 domaines différents de notre société. La loi Macron. A part 2 journalistes et demi de chez Politis et Gérard Filoche, personne n’en avait rien à foutre.
Bon.
Dans les mois suivants, je finissais ma pièce sur les religions en cherchant des moyens finauds et ‘artistiques’ de traiter la question de la haine et de la guerre. (On image la période hyper fun et légère).
En septembre, je partis en Grèce, y passais pas mal de temps à recueillir des témoignages sur le massacre économique du pays et à parler avec Ahmad, un réfugié syrien.
Le 1er novembre 2015 direction le Maroc. Je bosse avec une compagnie faisant un spectacle sur la radicalisation, les attentats, et SURTOUT sur les a-priori, les amalgames, la peur, la manipulation.
Je rentre en France le 12, très apaisée par ce voyage, comme ayant calmé une terreur absurde, abstraite, qui moi aussi avait fini par me ronger, malgré tous les grands discours où je clamais le contraire (parce que je me devais, bien sûr, de rester cette grande figure de Gauche, fustigeant les amalgames et sortant des statistiques pour guider le peuple).
Le 13, ravie d’être rentrée chez moi, à Paris, ma ville, j’allais fêter des retrouvailles joyeuses avec un pote sur une terrasse du 10eme…
(L’art du timing on vous dit).

Quelques semaines plus tard, je terminais ma pièce en y intégrant des morceaux des récents discours de Hollande et Valls. Histoire de les analyser, malgré l’état de choc, continuer à réfléchir, à nommer.

Je commençais à bosser sur un autre texte qui traitait des possibilités de la démocratie réelle. Des accointances entre élus et média, de la puissance du discours dominant (et par dominant je veux dire néo-libéral, hein, nommons les choses correctement). Et des mouvements alternatifs citoyens nés sur les places du monde.
On était début février, la loi Travail commençait à réunir des pétitions contre elle. Ca semblait se réveiller. Fin mars, je pataugeais dans l’écriture de la fin de ma pièce et commencèrent les Nuits Debout.

Pendant 3 mois, la réalité dépassa si largement la fiction que je ne savais plus quoi écrire. De 3 mois à me faire gazer la gueule quotidiennement en assistant à des bavures policières qui détruisirent une naïveté envers le gouvernement que je pensais pourtant ne plus avoir, je finis lessivée.
Pendant ce temps, le nombre de morts en Méditerranée ne cessait d’augmenter, les tentes de se multiplier à Stalingrad, nos élus d’attiser la haine contre les plus pauvres, nos rues d’être sillonnées de militaires surarmés et puis tout le reste quoi, pas besoin de développer n’est-ce pas ?
L’Union Européenne offrait soutien et argent à Erdogan et moi j’essayais d’écrire, justement, depuis des mois, une pièce sur la démocratie en Europe. Fatigue.

Entre temps des journalistes hyper proches du peuple m’expliquèrent avec paternalisme que mes textes ne traitaient pas de sujets concrets et qui ‘parleraient’ aux gens. Ah. Bon.

En juillet, je m’imposais quelques jours de vacances. J’acceptais tout de même, pour être sympa, de lire un texte dans un festival de théâtre. On m’a dit : tu as carte blanche. J’ai répondu : faites gaffe, si vous me laissez carte blanche, je risque de parler de politique, ah ah ! Super ! m’a-t-on affirmé.
J’ai lu une version (édulcorée et raccourcie) de la lettre à Manu Valls que j’avais écrite ici. En auto-censurant les métaphores parlantes et mignonnes genre ‘levrette devant des lobbies financiers’. Apparemment, c’était tout de même trop: censurée par le directeur du festival, priée de me taire, je finis par me faire purement et simplement insulter par des spectateurs, comme jamais, jamais de ma vie. J’osais questionner la démocratie en Etat d’urgence et demander des réponses à mon incompréhension devant la loi Travail ? On m’accusa de profaner la mort des victimes des attentats de Nice (!). De n’être qu’une bobo-parisienne-bien-pensante-de-merde-suffit-de-vous-regarder-pour-le-voir. Et que c’était une honte, une honte, une honte, un coup d’état (sic), une prise d’otage (re-sic) ce que je venais de faire, de parler politique ‘alors qu’ici c’est un festival de théâtre’
J’ai pas compris.
J’ai pleuré.
Le lendemain je me sentais minable et atterrée.
Au point que j’en parlais à mon père (ce qui n’est pas banal, laissez moi vous dire).
« Sans doute que tu as raison ma puce. Les attentats ont des causes structurelles, qui se trouvent dans les actions militaires de la France et de l’Europe (ou des USA). Dans 60 ans d’histoire sociologique aussi. On pourrait dire beaucoup. Mais la vérité, c’est qu’à peine 1% de la population française a envie d’entendre ce discours-là. 99% de la population a peur. Et la réponse à la peur qu’ils veulent, ce sont des miliaires dans les rues, des fouilles, des arrestations spectaculaires, et des chaînes de télé leur parlant de leur peur. Point barre ».

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Je me suis remise à pleurer, que c’était trop horrible, trop dangereux de penser comme ça, que comment on faisait alors, comment avancer dans un sens de progrès, comment contrer toute cette haine là, comment arrêter que les victimes soient des coupables, que que que que…
Et j’ai décidé d’arrêter. D’arrêter, pour être précis : de PARLER de politique. Pas de voter (encore que…), pas de manifester, pas même d’écrire là-dessus (quand on m’appelle pour écrire quelque chose, en général, c’est sur des sujets politiques donc, déjà que j’ai plus de sujets de discussion, je vais pas en plus me foutre au chômage).
Arrêter d’en parler en tribune parce qu’une tribune ne sert à rien. Au pire à se faire insulter par des vieilles habillées en Catherine Lara. Au mieux à conforter ceux qui sont d’accord… et ça, ça nous rend tous hautains, cet entre-soi de ceux qui ‘savent’. L’arrogance de se croire les seuls à être lucides.
Parce que personne n’a jamais changé d’avis en écoutant quelqu’un parler à une tribune. Pas vraiment. Pas fondamentalement. Pas intelligemment. Pas raisonnement. Au max, il s’agit d’attiser une foule. Ca, ça existe. Et c’est tout ce que je crains.

Arrêter de parler politique au quotidien surtout. Parce qu’il me semble que là non plus, en vrai, ça ne mène à rien. Dans la version la plus sympa, ça consiste à se traiter de fachos entre copains radicaux de gauche. Fun. Mais vain.
Une fois tous les 823 ans, selon une conjoncture astrale, deux personnes de bords politiques divergeant se mettent à discuter. Alors elles ne s’écoutent pas. Ne changeront de point de vue. Rien n’avancera. Si ça se passe sur un plateau télé, on aboutira à un consensus mou et libéral. Si c’est un repas de famille, on se resservira du clafoutis en maugréant que cette famille c’est l’enfer l’année prochaine je passe Noël aux Maldives.

Pessoais-Lurdes
Pessoais-Lurdes

Bref, que m’apporte cette étrange décision, vous demandez-vous ?
Du calme. J’ai un peu moins l’impression de rouler constamment en 1ere sur l’autoroute. De l’air: le sentiment d’un peu moins entendre toujours la même histoire et les mêmes mots creux et déréalisés tournant en boucle.
Du temps aussi. Dès que tu arrêtes de cliquer sur tout ce qui a trait à des saloperies globalisées, c’est fou le nombre d’heures que tu ne passes pas sur internet !
Et c’est merveilleux le nombre de romans géniaux, n’évoquant PAS le moindre patron sans scrupule de multinationales, ni le moindre débat d’idées entre néo-réac.
L’avantage en plus étant que les romans que j’affectionne sont souvent dus à des auteurs / autrices ayant bien analysé, eux, les enjeux politiques de leurs pays / époques. Les lire (s’y plonger même ! vivre par eux !) offre donc cette chose infiniment précieuse et dont nous manquons cruellement : de la perspective.
Un peu de distance, d’Histoire, pour mieux appréhender. Pour mieux réfléchir. Pour élargir son prisme. Pour ne pas sur-réagir à tout et dans l’affect perpétuel.

On ne peut pas, en vérité, reprocher aux politiques de rebondir sur n’importe quoi à l’emporte-pièce, de surfer sur l’actu sans vision d’ensemble, de n’être que dans l’affect, dans l’instrumentalisation de faits divers, et agir de même. S’indigner de chaque détail merdique, brandir des grands mots idéologiques à tout bout de champ, critiquer avec des poncifs ceux qu’on accuse précisément… de n’employer que des poncifs.

Ne me croyez pas agacée. J’écris cela très sereinement. Sans considérer que j’ai raison. Je ne prêche pas. Je témoigne de ma stratégie de survie face à l’époque.

****

D’ailleurs, après quatre (longs) mois, j’ai atteint un niveau de relative sérénité face à la tentation.
En juillet, dans un festoche rempli de copains marxo-trostko-anar, je me mordais les lèvres. Je faisais des circonvolutions linguistiques aberrantes et je frôlais la manipulation de groupe pour les faire dévier de leurs sujets de discussion et parler de machins futiles. Evidemment, j’échouais (c’était des vrais de vrai). Alors je me taisais. Et réalisais avec une angoisse certaine que je n’avais environ pas de sujet de discussion. Qu’en vrai, hors du champ militant, j’étais une meuf assez chiante (même la plupart de mes blagues s’appuyaient sur des références politiques).
Je pris mon mal en patience et misais sur le temps, plus fort que nos futiles déboires d’humains. J’arrêtais les infos et les journaux. Je ne cliquais plus sur le moindre lien alter.
Les algorithmes de Facebook ont été, semble-t-il, les plus déroutés par mon revirement soudain. Ils n’avaient plus de lien à me conseiller, puisque je ne faisais/disais plus rien. Alors, par défaut, sachant tout de même que je restais une gonzesse de 30 piges, ils se mirent à me bombarder de ce qui ne pouvaient que génétiquement me passionner : des tuto vernis à ongles et des promos ‘tie&die et ombré hair’. Et surtout, la crème de la crème : je me mis à recevoir une pub incessante pour… des queues de sirène. Au crochet.

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Je m’abstins –évidemment ! le piège était trop gros !- d’en tirer la moindre conclusion politique.

En août, quand je me retrouvais à une tablée où un melenchonniste insultait trois sarkozystes, je me crispais. Mais déjà, la pire phase de manque était passée et je ne les écoutais que de loin, trouvant cela un peu vain. Je me concentrais sur le débat parallèle : melon de Cavaillon ou d’Espagne ? (un débat sur des critères de pur goût, 0% politique!)
Les semaines suivantes confirmèrent mon instinct: la plupart de ces discussions ne servent tellement pas à s’écouter qu’il me suffit de hocher la tête avec le sourire paisible qui sied à une sirène, pour que (presque) personne ne remarque rien.
Mon beau-frère me félicita (il avait eu un peu peur que l’ancienne My Fair Lady fasse des vagues dans sa famille. Que nenni. Je me contentais de me recoiffer avec une fourchette en souriant).
Ma mère, un peu dépitée, leva les sourcils avant de me chuchoter ‘je te comprends ma chérie. Moi aussi, j’en ai ras-le-bol de tous ces discours à la radio!’. Et puis elle mit de côté la pile d’articles qu’elle m’avait découpés dans Politis, au cas où, dans quelques temps, tout de même, je reviendrais dans le giron familial.
Je me butais à sourire quand une copine en panique me supplia de lui donner mon avis éclairé sur une éventuelle candidature de Taubira. Ce jour-là, je décidais d’aller même plus loin : je transformerai ce qui n’était qu’une trêve estivale de salubrité personnelle en résolution absolue : je ne parlerai pas de politique jusqu’à après les présidentielles de 17 ! Bim !
 Nan ! Pff ! T’y arriverai jamais ! Chiche ! Han ! Même pas cap !

Ô que si !

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Le pire en vrai (ou le mieux), c’est que plus la situation empire, plus c’est facile. Et kiffant. Je ne prononce pas le nom du président-élu américain. Ni de son adversaire. Ni d’aucun chef d’état. Ni scandale. Et plus que tout, silence total sur les affaires de notre pays.
Je m’épargne ainsi bien des phrases déjà radotées et écrites mille fois.
A la place, je sifflote. Je bouquine. Je joue du piano (j’ai tellement de temps libre !). Et surtout : je parle. Pour de vrai. Pas en se gueulant dessus pour se convaincre. Pas en enfonçant des portes ouvertes sur des sujets auxquels on ne peut/sait rien.
Et je ne crois pas que ce soit s’enfermer, ou refuser de voir. Peut-être même que c’est tout le contraire. Un changement d’échelle. Appréhender le monde et les autres à une hauteur d’yeux (et de pensée) plausible, possible, compréhensible. Pour la première fois depuis des plombes, j’ai le temps d’être là pour mes proches. (et dans la foulée occasionnellement : pour de parfaits inconnus)(bien des gens crèvent d’envie de parler dans le fond). Mais genre : vraiment là. Se retrouver et se parler des heures, sans checker sa montre ni son portable frénétiquement.
Pas enchainer les grandes phrases et les bons mots et les gros rires puisqu’on n’a qu’une heure, autant tout couvrir de conneries et pour le fond on verra une autre fois ! Pas se contenter d’une actualisation efficace des évènements de nos vies. Pile l’inverse.
Prendre le temps de vraiment se demander : comment tu vas?
Et d’écouter. Et de répondre.
S’offrir l’espace pour creuser. Pour n’être ni beau ni efficace ni glorieux ni ‘plus’ que les autres. Pour avouer s’il le faut, qu’on est petit et apeuré. Qu’on se débat avec nos quêtes de sens, que le monde nous échappe à grande échelle. Qu’à notre petit niveau on cherche juste à être content, plutôt bon, pas trop con. Et que rien que ça, ça file tellement le vertige !
Chercher le concret plutôt que les grands discours.
Et puis ensemble quoi! Ensemble pour de vrai. C’est-à-dire humblement.
Alors je vous ferai pas croire que c’est absolument fun et grisant. Plutôt le contraire même. C’est dense et calme. Drôle parfois. Et larmes aux yeux souvent. (Mais c’est pas forcément mal, les larmes).
**
Pis en vrai, je n’ai pas changé ma conviction au fond. Comme disaient les pancartes des féministes des 70s’, j’estime que tout est politique.
Ce qui inclut aussi / surtout / avant tout : nos comportements. Individuels. Quotidiens.
Alors, je sais pas, mais peut-être que précisément, en refusant de blablater politique, de commenter le cirque politique, de tartiner de l’idéologie politique et de critiquer les actions politiques de politiques qui à force d’être nuls, vendus ou incompétents ont pourri la valeur même du mot politique, peut-être qu’en refusant tout ce brouhaha qui camoufle et noie les véritables enjeux de l’époque, en ralentissant, en dé-hystérisant, en nous relocalisant, peut-être qu’on pourra commencer, précisément, non à en parler mais à vraiment… être politique.

(Ou pas hein. Ché pas. Perso, j’ai arrêté.)

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Bon, sur ce, je retourne tricoter ma queue de sirène. Il me reste 4 rangées de mailles sur la nageoire dorsale et puis je pourrai coller les paillettes nacrées. Vous verrez, strobo.

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Une réflexion sur “« Nan! T’as pas VRAIMENT arrêté la politique?!! »

  1. Super article plein de sagesse et de réflexions intelligentes. C’est vrai qu’actuellement il est assez difficile de faire son chemin dans tant de chaos médiatico-politico-social. Un peu de légèreté fait beaucoup de bien. Appréhender les choses avec plus de douceur et de finesse est un art délicat mais sain. Bravo !

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