‘Notre petite marge de liberté’

Bon, j’ai senti que je vous avais laissé un peu dubitatifs avec le dernier post. Est-ce mon romantisme soudain qui vous a déstabilisé? Trop de bons sentiments? Trop de Jennifer Aniston et pas assez d’ignobles énarques pendus par les pieds dans leurs chaussures à gland et crucifiés d’acerbes flèches anti-capitalistes ? Je vous ai COMPRIS.

Je tente moi aussi d’ailleurs d’analyser pourquoi Athènes m’a fait cet effet. En vérité, j’aurais aussi pu rentrer déconfite. Tous ces récits entendus, ces récits personnels, pas des trucs dans les journaux, non, des gens devant toi, qui te montrent les photos de ce qu’ils ont perdu et t’explique le comment par A+B avec une évidence qui donne des frissons. L’implacable logique d’une logique que j’ai beau comprendre dans les mots, certes, mais que je continue de refuser. Le cynisme et l’amoralité, non, fondamentalement on ne peut (veut) pas se convaincre que c’est ça qui dirige le monde et qui gagne. Gagnera. Je ne veut pas me résoudre à l’absence de justice et de bon sens.

khkd708v
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Et l’amour, bordel!

C’est vrai, j’ai déserté le blog ces derniers temps – parce que j’ai vraiment trop de boulot, raison number one. Là par exemple, j’écris cette note à 9h du matin. Un DIMANCHE. (et cette nuit, j’ai rêvé que je travaillais – même mon inconscient est devenu chiant).

Autre raison : en ce moment, je ne suis qu’Amour. Etre heureuse et travailler comme une folle? J’aurais jamais imaginé ne serait ce qu’une mince corrélation entre ces deux états de fait. En même temps, je bosse tellement que je suis totale épuisée, et comme toujours dans ces cas là, je suis très émotive. Ce qui fait que je suis capable de chialer de bonheur au moindre pépiement de moineau, parce qu’Oh mon Dieu, c’est tellement beau et simple la vie.

Du coup; je n’ai aucun sarcasme à dévoyer tout le long d’un billet, aucun fait de société sur lequel pousser un coup de gueule, aucune anecdote désopilante à rapporter : comme chacun sait, le bonheur, c’est chiant comme un téléfilm allemand. Je ne peux décemment pas vous jeter mon bonheur et tous ses synonymes à la figure, mais pour résumer, disons qu’en ce moment, je me sens exactement comme ça :

(Toute régression mise à part, il s’agit en fait d’un très bon remix, par un super graphiste qui a l’air fan de Disney)

Donc voilà, à part gloser sur tout ce bonheur et ses minuscules raisons, je n’ai absolument rien à dire. Et c’est là que je me rends compte que mes capacités humoristiques se réduisent à deux actes principaux : me foutre de la tronche des gens et de leurs innombrables défauts, ou à la limite me foutre de ma propre gueule de looseuse inconditionnée.

Cette joyeuseté profonde a le mérite de m’ouvrir les mirettes sur un point non négligeable : depuis que j’ai un rapport à la vie digne de Bambi, je ne suis plus dans le coup (si tant est que je ne l’aie jamais été). Le bonheur, c’est ringard, c’est out, c’est boriiing. Donc je vais attendre encore un peu, qu’une tuile me tombe sur le coin de la figure, que Murphy me rattrape après ces moments de répit, que ma poisse naturelle reprenne le dessus pour vous infliger un long billet pour râler/me plaindre/me moquer de quelqu’un ou de quelque chose. D’ici là, voici un certain nombre de liens qui parlent du bonheur beaucoup mieux que je ne pourrais le faire moi-même :

– 3 potes ont parcouru le monde pendant 44 jours, et ils sont rentrés avec ça :

 

– Un bébé pingouin dépressif, à qui ses gardiens ont confié une peluche pour qu’il se sente moins seul (de fait, il arbore un sourire satisfait):

(à la réflexion, cette image a quelque chose de profondément glauque. Mais je ne peux pas parler d’Amour sans insérer des bébés animaux, si?)

-Et enfin, des photos de Danseurs à NY, ou quand la vie ressemble à une comédie musicale (par l’excellent Jordan Matter)

“Ca fera une bonne anecdote!”

Ca y est, le cap psychologique et embouteillé du 15 août est passé. Les moins branleurs d’entre nous rentrent dans leurs pénates et se remettent au boulot. Ce qui veut dire que pour les deux semaines à venir, toute discussion, au café entre amis, à la machine à café entre collègues, à la boulangerie avec la boulangère/le boulanger/leur fils qui a des problèmes de pannes sexuelles (pendant l’été, la petite amie du fils de mon boulanger a beaucoup papoté dans le quartier…), dans l’escalier avec la voisine-du-dessus, et globalement dans n’importe quel contexte où parler est une obligation morale, toute discussion, disais-je, ne sera qu’un interminable récit de vacances.

Orkut Commentaires - Spongebob

Immanquablement, je/vous/nous allons avoir droit à une description en temps réel d’une séance de parachute ascensionnel à Djerba, à un récit bien trop détaillé de la flore du Périgord qui est tellement verte c’est dingue, que tu vois ce qui est génial à Phuket c’est les massages, et en Espagne on a mangé des tapas hyper bons et puis tu sais, on mange pour trois fois rien à Cancun et les gens sont tellement accueillants à Barcelone! et les tomates! et la chaleur! Le Grau-du-Roi, tu vois, ça te reconnecte à mort avec les fondamentaux de l’existence, la grasse mat, la nature, les nappes provençales, les tomates cerises, le p’tit rosé, tout ça tout ça, tu vois? Ca apaise à mort, tu vois?

Une version sonore de nos laborieuses rédactions de 6ème, où on comblait fièrement quinze lignes de fautes d’orthographe pour narrer nos deux semaines avec papa et maman dans un F2 au Grau-du Roi (“et y avé du sable et aussi on a mangé une glasse et aussi y avait Lulu c’est notre chienne, elle est jantille mai un jour elle été plu la et Papa a di quelle été parti en vacanses au paradi des chien”). C’était la belle époque. On se réjouissait de piètres vacances répétitives, qu’on oubliait aussi vite qu’elles étaient passées.
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Alors, heureuse?

L’autre jour, je me suis encore fait un de mes bons coups de godicherie. Je pensais qu’en écrivant noir sur blanche combien j’étais nulle pour repérer quand on me draguait (en l’occurrence dans cet article où je vous ai livré mon intime avec émotion), ça améliorerait un peu ma situation. Eh ben, c’est drôle: pas du tout.

L’autre jour, donc,  je me suis faite draguer et je n’ai rien vu. A ma décharge, je pensais que ce type était homosexuel (il portait une chemise lamée rouge)(et j’ai grandit dans le Marais, donc pour moi, l’Homme est a priori homosexuel, charge à eux de me prouver le contraire…). Donc que ce type me regarde avec ostentation en parlant de moi à son pote et en me pointant du doigt, je n’y ai pas trop fait gaffe (je me suis simplement dit qu’il était mal élevé). Quand le type est venu me dire “On se connaît, non?”, je n’ai pas pris ça pour une phrase d’approche minable (comme quoi écrire cet article ne m’a servi à rien non plus)(je vais finir par punaiser au mur mes propres articles, ça finira peut-être par rentrer). Je me suis dit qu’on devait vraiment se connaître et j’ai tout fait pour résoudre l’énigme. J’ai donc passé un quart d’heure à énumérer les lieux phares de ma biographie pour trouver où le jeune homme en question et moi aurions-nous pu nous rencontrer (“J’étais en maternelle rue des Petits Carreaux, ensuite j’ai fait mon lycée dans le 13ème, j’ai fait de la danse africaine à Chateaudun, j’ai passé quatre étés à Ars-en-Ré, j’ai appris le patin à glace à Avoriaz, j’emmenais mon chat chez le véto rue Caumartin, il s’appelait Noisette, non le chat, pas le véto, j’ai passé mon permis à Aulnay-sous-Bois… Et toi? Ah non, je connais pas Rouen, mais j’ai passé un week end à Reims l’année dernière, ça compte?”)
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