J’avais envie de lui dire: “Va raboter tes bottes!”

L’autre jour un de mes amis (un des seuls véritables bisounours vivants de notre monde capitaliste brutasse) me parlait d’une personne qu’il n’aimait pas (fait rare, puisque les bisounours, de par leur constitution, ne sont qu’Amour) et s’exclama ceci: “J’avais envie de lui dire: va raboter tes chaussures!”

(Il est ébéniste. Voilà pourquoi il emploie des verbes comme “raboter” dans ses insultes).

Ce type très beau, très intéressant, monstrueusement talentueux et imaginatif, sachant tout faire de ses mains (y compris des pâtes à se damner), d’une intelligence peu commune et très beau (oui je le dis deux fois, mais il est très beau faut dire)(non, je ne cherche pas à obtenir quoi que ce soit de lui; de toute façon il est en couple)(évidemment, sinon ceci serait un rêve et le réveil s’apprêterait à sonner impitoyablement 8:00 dans mon monde de célibataires moches et/ou névrosés) ce type donc, n’est pas du tout langue de pute (personne n’est parfait!). Pourtant, par cette petite phrase étrange, il a osé transgresser un des derniers tabous de notre monde civilisé: s’attaquer au physique de quelqu’un.

Oh non! C’est pas du jeu! Trop méchant, trop inzuste. Interdit. Attaquer le physique”, c’est le mal ultime!

 

On avait dit "pas le physique" les gars!

 

D’ailleurs si vous googueulisez “s’attaquer au physique” qu’est-ce qui apparaît?

– soit des réponses qui biaisent le sujet (“On s’attaque à la physique quantique!” (hu?). “Attaque de pokémon effets physiques” (hin?). “Attaque physique dans des jeux de rôles médiévaux!” (hum… no thanks))

– soit on atterrit direct sur des pages de méchants sans scrupules:

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“Si la vie consistait à ne faire que des trucs sympa, on serait tous David Guetta”

J’imagine que si nous, pauvres citoyens de base en proie à un quotidien médiocre, avons cette image de M. Guetta, c’est en partie grâce à des déclarations en or comme celles-ci:

« En général, je me lève vers midi et je commence ma journée par un vol en avion. J’arrive dans un pays, je donne des interviews à des médias locaux et, le soir, je mixe dans un club. Ce sont trois ou quatre heures très intenses, alors, pour m’endormir, je fais de la musique jusqu’à 5-6 heures du matin … Je travaille sept jours sur sept .”

Vous, les pauvres ploucs qui vous levez en général vers sept heures, commencez votre journée par deux changements de RER dont un à Chatelet-les Halles-succursale-de-l’Enfer, arrivez dans une ville de banlieue avec un nom tristement exotique (Pontault-Combault?!), le soir, mixez du jambon dans de la purée surgelée (ce sont 3-4 minutes très intenses) et, pour vous endormir, écoutez la Star-Ac jusqu’à 22h05/22h06, et travaillez cinq jours sur sept (+ Auchan et Belle-Maman le week-end)… vous vous dites forcément que plus de “trucs sympa” à la David Guetta, bah, ce serait sympa. Et que “ne faire que des trucs sympa”, ah bah, ouais, ok, super, je signe où?

Mais non, chers amis ploucs, désolée, ce n’est pas si simple!

Si la vie était un truc sympa, ça ressemblerait à quoi? Définissons.

– Ce que dit le dictionnaire:

“Truc” : façon familière de définir “Ce qu’on ne veut ou ne peut nommer”.
D’où, en vieil argot, le “truc” = la Prostitution.
Mais aussi, (attention: Moment “Nous pourrions nous coucher moins cons, mais notre cerveau retiendra-t-il vraiment une information si inutile?”) le “truc” désigne « le bruit fait avec les lèvres pour encourager les chevaux »

(ceux qui ont lu récemment l’excellent manuel d’art équestre  L’Escuirie du S. Frederic Grison le savaient déjà. Pour les autres, bon, l’ouvrage est indisponible jusqu’à nouvel ordre en vieux françois, malheureusement. Mais ceux qui maîtrisent correctement l’italien de Lombardie de la fin XVIème… ah non, c’est indisponible aussi)

Et “sympa”? Lire la suite « “Si la vie consistait à ne faire que des trucs sympa, on serait tous David Guetta” »