« Ces princesses, aussi nobles que divines, pourtant anéanties par le destin…. »

L’une des mes activités consiste à lire des manuscrits rédigés par des apprentis écrivains qui fantasment sur la célébrité de leur frange grasse/lunettes sales au prochain Salon du Livre, qui rêvent de boire du champagne lors d’une tournée dédicace dans les Centres Leclercs de Province en pelotant leur attachée de presse.

NB : les apprentis écrivaines auront plutôt la tendance MILF assumée, séance photos proprette avant de déverser leur haine de la mère dans un second roman qui passera inaperçu. Cynique, moi ? Naaan. D’autant que je prends mon travail très à coeur. Il ne s’agit pas de se retrouver avec un Marc Lévy ou un Guillaume Musso de plus dans le paysage éditorial français (je like à mort cette expression, elle cartonne dans toutes mes lettres de motiv), les cadres qui prennent le train ont suffisamment de quoi lire, merci.

Je ne critiquerai pas la tendance de fond des sujets des romans écrits par les Houellebecq ou Nothomb de demain (à savoir la crise de la quarantaine qui s’exorcise au contact de 1) Le cancer 2) Le secret de famille 3) le sexe à plusieurs 4) l’écriture – dans l’ordre de préférence). Car selon moi, l’important dans une histoire, ce n’est pas l’histoire, c’est la façon dont elle est racontée. (On voit que j’ai fait 5 ans de stylistique hein ?)

Bref, me voilà face à cette autobiographie merdique médiocre, histoire d’un type dont la vie se délite au rythme des turpitudes de  l’histoire du XXe siècle. Mes défenses critiques sont à plat : chaque phrase est une énormité (croyez-moi, un passage érotique dont l’écriture est totalement navrante, ça donne très mal à la tête). Mais voilà que je tombe sur cette envolée lyrique – réaction enflammée à la mort de Diana encastrée dans le pont de l’Alma, dont voici l’intitulé exact :

« Grace, Diana….Toutes ces princesses aussi nobles au divines, anéanties par les coups du sort, le destin, dans des accidents à première vue inoffensifs ! Fatum ! Fatum ! Fatum ! »

(J’adore cette expression d’accident « à première vue inoffensif… » Et puis c’est bien connu, seules les héritières princières ont des accidents de voiture, c’est prédestiné…)


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