« Il est terriblement humain »

Conséquence de cet été précoce qui donne envie de déserter la grand-ville?
Effet collatéral de la révolution tunisienne qui a fait découvrir que ce pays n’était pas qu’un Pacha Club géant low cost?
Besoin de retour à nos racines franco-française face à un monde mondialisé et trop rapide?
Crise de nostalgie monarchiste parce que là, au moins, on était peinard sur le droit de cuissage?
Ou lointaine conséquence de la crise des sub-primes qui a fait tant augmenter le prix du pack de yaourt bio?

Je ne sais, mais en tout cas, c’est sûr: la destination de vacances tendance du moment c’est… les châteaux de la Loire!

(pourquoi les monuments historiques échapperaient-ils au gif animé, je vous le demande!?)

Moi je croyais qu’en étant France-métropolitain on n’y mettait les pieds qu’à 8 ans (quand nos parents se sentaient subitement en devoir de réviser l’Histoire de France  en nous prenant en photo devant l’armoire Louis XVI de Catherine de Médicis) ou à 42 ans (quand on se sentirait obligé de prendre en photo notre enfant de 8 ans ailleurs que devant la télé), voire à 82 (parce qu’alors on ne les aurait pas vus depuis 40 ans)(ce qui est idiot, hein, vu qu’un châtal de la Loire ça ne change pas des masses d’une année sur l’autre), eh bien je me suis fourvoyée.

Chenonceau est bien la place-to-be (free) du moment.

Mais la semaine dernière: drame chez le trentenaire-parisien-cool qui se tapait sa petite excursion bucolico-provinciale: Chambord était en grève !!!
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« C’est tout de même très môderne »

J’ai un travail fortement soumis à la critique. Une partie consiste même à écouter avec sourires et intérêt l’opinion de gens que, souvent je ne connais pas et à qui je n’ai rien demandé. Drame de nos sociétés actuelles, chaque individu a non seulement des opinions, mais surtout une haute estime de leur importance et défend vigoureusement sa liberté d’expression en l’ouvrant et en éructant. Globalement, j’entends donc tout et n’importe quoi, jugements péremptoires, raccourcis et analyses capilotractées sur ce qui m’a pris entre un et six mois de travail minutieux.

Mais je me protège: quand ça rentre par une oreille, pas de danger, mon cerveau fait vite barrage et tout en offrant un regard savamment étudié, plein de densité et d’abnégation, je pense en général totalement à autre chose, genre: si je remets une couche de vernis et de top-coat juste avant la douche, l’eau accélérera-t-elle le séchage? Mais parfois dans ce flot de phrases intelligentes qu’on me déverse dans la face, une sort du lot et, tel un vaillant spermatozoïde, parvient à pénétrer mon cortex cérébral pourtant minutieusement fermé (puisque, comme chacun sait, je suis une horrible connasse parisienne qui se fout des êtres humains sauf s’ils ont des cartons à me refiler pour un vernissage en after-work où j’aurais du champagne à l’oeil).

Et hier, l’extrême privilège de la phrase-qui-fait-mouche fut accordé haut la main à une vieille femme que je ne connais pas: “Ouh-la! C’est quand même terriblement môôôderne”. (+ petite moue de dégoût)

Mince. Je suis moderne et je ne le savais pas?
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