« Comme tout le monde, chérie »

Un jour j’étais à Bangalore, dans le centre de l’Inde. Après quelques heures dans la ville, je me sentais si mal que j’ai décidé de prendre le premier train en partance et de le laisser m’emmener, au hasard Balthazar.


Le trajet durait déjà depuis cinq ou six heures, c’était la nuit noire et impossible de m’endormir. Alors je lisais Harry Potter. Je me souviens parfaitement : c’était le moment où Harry est avec Dumbledore dans un genre de grotte souterraine avec un lac. Ils savent qu’il ne faut surtout pas toucher l’eau, sinon des sortes de spectres en sortent. Dumbledore est obligé de boire une coupe remplie de poison qui le rend fou et assoiffé, et Harry doit le gérer pour pas qu’il touche l’eau, le porter, faire avancer la fuc*ing barque et échapper aux zombies. Je lisais ça avec angoisse (en vrai, j’aime pas les livres qui font peur. Harry Potter c’est à peu près mon max niveau polard). Et puis en anglais, ce qui m’obligeait à être particulièrement concentrée. Immergée. Soudain une main apparaît devant moi. Je sursaute. Je lève la tête : un.e transexuel.le indien.ne me fixe d’un regard autoritaire. Une main tendue vers moi, un jeu de grelots dans l’autre, il /elle murmure comme une psalmodie en silence. Je regarde autour de moi. Je réalise que le wagon est quasiment vide – ça n’arrive jamais un wagon de train vide en Inde. Jamais ni avant ni après je n’ai vu ça ! et je remarque la longueur insensée du wagon et sa couleur verdâtre et le froid et la cacophonie des clochettes du groupe de quatre ou cinq hijras*, – comme on les appelle ici.
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« Le problème, c’est l’ego »

(Faire un article de blog sur l’ego, est-ce déjà en soi un paradoxe insoluble?)

Alors 4 mois sans écrire ici. Je suis un peu rouillée. Je suis pas sûre de savoir encore faire. Mais ce post étant une tentative (paradoxale donc) d’écrire contre l’envie de succès, sans doute qu’un échec sera en fait une réussite. Ca risque d’être encore plus confus que d’habitude, vraiment, je comprendrais que vous ne cliquiez pas pour lire la suite. Je dis non à l’efficacité. Non à la bonne blague. Non au productivisme de l’argumentaire bien construit. A la place je dis oui au tâtonnement, aux ratures qui s’assument . Oui à l’humilité en somme. Non au jugement, aux affirmations. tiens d’ailleurs je vais peut-être ne plus mettre que des points d’interrogations? C’est que je me suis engagée sur une route inconnue et fort broussailleuse et tout à fait à contre-courant de l’époque: la mystérieuse voie de la destruction de l’ego.

WTF?

Toi, cette pauvre écrivante narcissique qui donnes ton avis sur n’importe quoi avec l’arrogance d’un Finkelkraut alors que t’es même pas à l’Académie Française?!

Ca c’était avant. Après, je suis partie en Inde. (et à Hénin-Beaumont, mais c’est une autre histoire).

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« Elle est sous Prozac! Elle est sous Prozac!! »

Donc je vais tenir ma bonne résolution, et comme annoncé à l’article précédent…

Previously dans Elle est si fragile (et elle t’emmerde):

(ouais des captures d’écran de mes propres posts. Vous voyez le niveau d’énergie créatrice dans lequel je suis…)(j’en suis rendue au stade de porter des vêtements en POLAIRE)(et j’ai des arguments pour me défendre).

Donc, je ne dois plus critiquer Paris et je dois me battre de façon active à dénoncer la société pour la faire changer, petit à petit, certes, mais puissamment, à terme.
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