« Ah t’es enfin rentrée?! »

Voilà, les grandes vacances sont finies. Je suis bronzée, je suis détendue, je ne suis que joie de vivre et paix dans mon coeur, prête à distiller ma philosophie de bakcpackeuse bouddhiste à tous les pauvres hères au teint vert que je croiserai. Je leur conterai avec douceur et légèreté quelques bribes de nos rocambolesques aventures sud-est-asiatiques, j’accompagnerai mes poétiques narrations d’images paradisiaques et triées sur le volet, je ferai rire, pleurer, rêver, voyager mes proches dont le coeur est meurtri par le rude hiver occidental, dont les yeux sont ternis de ne contempler à l’horizon que des barres de HLM sans espoir, dont les âmes sont désolées par la perte du triple A et les déclarations de Claude Guéant.

Bref, comme le dit ma maman (et comme le pense probablement en silence le reste du monde francophone), je suis votre rayon de soleil.


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Alors, heureuse?

L’autre jour, je me suis encore fait un de mes bons coups de godicherie. Je pensais qu’en écrivant noir sur blanche combien j’étais nulle pour repérer quand on me draguait (en l’occurrence dans cet article où je vous ai livré mon intime avec émotion), ça améliorerait un peu ma situation. Eh ben, c’est drôle: pas du tout.

L’autre jour, donc,  je me suis faite draguer et je n’ai rien vu. A ma décharge, je pensais que ce type était homosexuel (il portait une chemise lamée rouge)(et j’ai grandit dans le Marais, donc pour moi, l’Homme est a priori homosexuel, charge à eux de me prouver le contraire…). Donc que ce type me regarde avec ostentation en parlant de moi à son pote et en me pointant du doigt, je n’y ai pas trop fait gaffe (je me suis simplement dit qu’il était mal élevé). Quand le type est venu me dire “On se connaît, non?”, je n’ai pas pris ça pour une phrase d’approche minable (comme quoi écrire cet article ne m’a servi à rien non plus)(je vais finir par punaiser au mur mes propres articles, ça finira peut-être par rentrer). Je me suis dit qu’on devait vraiment se connaître et j’ai tout fait pour résoudre l’énigme. J’ai donc passé un quart d’heure à énumérer les lieux phares de ma biographie pour trouver où le jeune homme en question et moi aurions-nous pu nous rencontrer (“J’étais en maternelle rue des Petits Carreaux, ensuite j’ai fait mon lycée dans le 13ème, j’ai fait de la danse africaine à Chateaudun, j’ai passé quatre étés à Ars-en-Ré, j’ai appris le patin à glace à Avoriaz, j’emmenais mon chat chez le véto rue Caumartin, il s’appelait Noisette, non le chat, pas le véto, j’ai passé mon permis à Aulnay-sous-Bois… Et toi? Ah non, je connais pas Rouen, mais j’ai passé un week end à Reims l’année dernière, ça compte?”)
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