« Je crois qu’ils ont dit: Dégage! « 

Chaque fois que je publie un post ici me vient la même petite certitude angoissante: je n’aurai plus jamais de sujet sur lequel m’enflammer. Comme une évidence. J’ai l’impression de m’être déjà si longuement énervée sur tant de moult domaines et avec tant de digressions… Et tout de même ça m’ennuierait de me répéter…

Parfois je me dis que je pourrais envisager d’avoir une ligne éditoriale. Ca m’aiderait? Ou de me servir de cet espace pour publier d’autres trucs que j’écris – oui parce que vous avez peut-être l’impression que je fous rien? Que nenni. Par exemple je viens de commencer, avec le concours d’une illustratrice géniale (bien que mère de famille) la rédaction… d’une encyclopédie.

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Si on continue sur notre lancée, ça devrait être achevé d’ici 2064, époque à laquelle le livre-papier et les internets auront de toutes façons disparus suite à la grande guerre du pétrole qui nous pend au nez d’ici maxi 30 ans quand les pays de l’OPEP devront bien avouer qu’ils avaient menti sur leurs stocks, ce qui entraînera une mort massive -genre vraiment massive- et probablement qu’après quelques années, l’Amérique, la Chine ou la Corée opteront pour une armistice nucléaire qui ne laissera en vie qu’une poignée d’humains qui, privés d’énergies fossiles -ce que les experts avaient annoncé depuis longtemps mais on se disaient qu’ils dramatisaient- vivront approximativement comme au XIVeme siècle (et tant mieux, c’est le seul espoir que le capitaliste ne détruise pas entièrement la planète).

Ca va, vous?
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« C’est tout de même très môderne »

J’ai un travail fortement soumis à la critique. Une partie consiste même à écouter avec sourires et intérêt l’opinion de gens que, souvent je ne connais pas et à qui je n’ai rien demandé. Drame de nos sociétés actuelles, chaque individu a non seulement des opinions, mais surtout une haute estime de leur importance et défend vigoureusement sa liberté d’expression en l’ouvrant et en éructant. Globalement, j’entends donc tout et n’importe quoi, jugements péremptoires, raccourcis et analyses capilotractées sur ce qui m’a pris entre un et six mois de travail minutieux.

Mais je me protège: quand ça rentre par une oreille, pas de danger, mon cerveau fait vite barrage et tout en offrant un regard savamment étudié, plein de densité et d’abnégation, je pense en général totalement à autre chose, genre: si je remets une couche de vernis et de top-coat juste avant la douche, l’eau accélérera-t-elle le séchage? Mais parfois dans ce flot de phrases intelligentes qu’on me déverse dans la face, une sort du lot et, tel un vaillant spermatozoïde, parvient à pénétrer mon cortex cérébral pourtant minutieusement fermé (puisque, comme chacun sait, je suis une horrible connasse parisienne qui se fout des êtres humains sauf s’ils ont des cartons à me refiler pour un vernissage en after-work où j’aurais du champagne à l’oeil).

Et hier, l’extrême privilège de la phrase-qui-fait-mouche fut accordé haut la main à une vieille femme que je ne connais pas: “Ouh-la! C’est quand même terriblement môôôderne”. (+ petite moue de dégoût)

Mince. Je suis moderne et je ne le savais pas?
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