C’est plus ce que c’était

Après des années de combat acharné, de tâtonnements, de reconversions professionnelles en tous genres, je me rends.

Ok, Papa, Maman, vous avez gagné, je vais perpétuer la tradition familiale, dûment nourrie depuis 3 générations et ENFIN rejoindre l’éducation nationale. De préférence comme prof de lettres, parce que je compte bien mettre à profit mes heures passées à lire Bridget Jones Zola et Racine, mon talent en orthographe (qui, en soi, n’est pas hyper commode pour briller dans les dîners), ma tendance à tout interpréter de manière compulsive. Cela étant, je précise en aparté que je ne veux pas devenir prof pour la planque, ni pour les vacances, ni même pour le salaire (qui, tout modeste qu’il soit, dépasse largement mes honoraires de littéraire dans le privé).

Nan, moi, ce que j’aime, c’est les ados. J’ai déjà expliqué ici que j’en étais toujours une, et que je compte bien le rester, mais vraiment, l’Ado me fascine, avec son ras-le-bol permanent, ses questions existentielles, sa gestion des hormones, le combiné rouge à lèvres + appareil dentaires ou gel dans les cheveux + caleçon pokémon. Bref.

Oui, je mets de mignons petits gifs animés en guise de pages pub' pour profiter de votre temps de cerveau disponible



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« C’est tout de même très môderne »

J’ai un travail fortement soumis à la critique. Une partie consiste même à écouter avec sourires et intérêt l’opinion de gens que, souvent je ne connais pas et à qui je n’ai rien demandé. Drame de nos sociétés actuelles, chaque individu a non seulement des opinions, mais surtout une haute estime de leur importance et défend vigoureusement sa liberté d’expression en l’ouvrant et en éructant. Globalement, j’entends donc tout et n’importe quoi, jugements péremptoires, raccourcis et analyses capilotractées sur ce qui m’a pris entre un et six mois de travail minutieux.

Mais je me protège: quand ça rentre par une oreille, pas de danger, mon cerveau fait vite barrage et tout en offrant un regard savamment étudié, plein de densité et d’abnégation, je pense en général totalement à autre chose, genre: si je remets une couche de vernis et de top-coat juste avant la douche, l’eau accélérera-t-elle le séchage? Mais parfois dans ce flot de phrases intelligentes qu’on me déverse dans la face, une sort du lot et, tel un vaillant spermatozoïde, parvient à pénétrer mon cortex cérébral pourtant minutieusement fermé (puisque, comme chacun sait, je suis une horrible connasse parisienne qui se fout des êtres humains sauf s’ils ont des cartons à me refiler pour un vernissage en after-work où j’aurais du champagne à l’oeil).

Et hier, l’extrême privilège de la phrase-qui-fait-mouche fut accordé haut la main à une vieille femme que je ne connais pas: “Ouh-la! C’est quand même terriblement môôôderne”. (+ petite moue de dégoût)

Mince. Je suis moderne et je ne le savais pas?
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