Le Trivial Pursuit c’est comme la vie, mais en plus dur.

Après mon retentissant Cluedo de l’homme moderne et puisque les fêtes de fin d’années encore proches m’ont offert de grands moments de ludisme, je propose de se pencher sur ce best-seller du jeu de société qu’est le Trivial Pursuit.
Bon, d’abord, j’annonce la couleur: le Trivial Pursuit et moi c’est une passion amoureuse. Comme toute passion, notre relation comprend une petite part de haine, parfois un agacement gigantesque, une possessivité outrancière et un attachement ayant “des raisons que la raison ne connait poînt” (Blaise Pascal, les Pensées, 1670, fromage marron). Le TP met fait passer du rire aux larmes. Le TP me procurerait des petits orgasmes si je n’y jouais pas en famille dans le salon de ma grand-mère.
Mais contrairement à d’autres passions, mon histoire avec le Trivial résiste au temps (ma relation fusionnelle avec ma K7 d’Ace of Base, par exemple, n’a, elle, jamais résisté à mon passage au collège).

Une lichette d’Histoire (fromage jaune)

Parce qu’Elleestsifragile est aussi un blog pédagogique permettant d’avancer sur le chemin de la connaissance, sachez que le TP, jeu canadzien créé en 1979 et il s’appelait à l’origine « Quelques arpents de pièges ». M’est d’avis qu’ils ont bien fait de changer. Comme le Time’s up. Vous connaissez ce jeu sympa qu’on sort dans les soirées entre amis citadins depuis 3 ou 4 ans? Et bien, à l’origine, c’est un jeu séculaire appelé “le saladier lorrain”. Une fois passé à la moulinette du marketing pour Connasse Parisienne, le jeu est rebaptisé Time’s up. Ca sonne trop cool et branché (l’anglais c’est magik!) et il se vend donc comme des petits sacs Vanessa Bruno. Avec son nom “régional”, c’était la plantade assurée! Un nom évoquant la Meurthe-et-Moselle et la quiche, nan, mémercikoi, tumapripourki?!

Règles du jeu.

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“Tu portes vraiment mal ton prénom !”

Face à cette attaque minable, j’étais restée coite (c’est rare).
La vengeance se dégustant comme le gaspacho, je vais trouver aujourd’hui la bonne réponse.

Dans la pure tradition du commentaire composé sur Stendhal de mes 16 ans (mais avec beaucoup plus de mauvaise foi) et pour éviter que la colère ne m’emporte, je répondrai avec structure: Pourquoi? Comment? Qui? Qu’aurais-je pu/du répondre? Et si tout ça dépassait de façon vertigineuse ma petite personne? C’est quoi “mal porter” un prénom? Et ta mère?

En premier lieu: pourquoi?

Bah ché pas. C’était gratuit et méchant.

Mon prénom n’a rien de bizarre, il est même plutôt joli et personne ne me fait habituellement de remarque dessus. C’est pas comme si j’étais un mexicain de 50 ans appelé Email. Mon prénom et ma personne ne forment pas un paradoxe notable, genre s’appeler Brune en étant blonde ou s’appeler Eve et détester les feuilles de vigne.

Mais comment as-tu réagi alors, pauvre petite fleur?

L’enfant de quatre ans qui sommeille en moi a résisté à l’envie de pleurer devant tant de méchanceté.
L’adolescente impulsive a calmé son envie de répondre “mais je t’emmerde!”
La jeune femme pleine de discernement s’est abstenue de lui mettre un coup de genoux bien placé.
L’adulte pacifiste adepte de la philosophie zen (j’ai lu un Que sais-je sur le sujet) a fait comme si elle n’avait pas entendu.
Et la conne qui a manqué de répartie a trouvé depuis 50 phrases qui auraient été parfaites pour clouer le bec de ce sale type.
Notamment, j’aurais pu répondre “Nan, toi”. (Le vieux coup du “miroir magique, cé c’lui kidikilè” – ça fonctionnait très bien dans la cour de récré, je vois pas au nom de quoi ça ne marcherait plus après).

Mais en l’occurrence, ça n’aurait pas marché: le type en question s’appelait Michel. Il portait très bien son prénom de sale type.

Je l’ai annoncé: les michels et moi, ça ne colle pas.
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